Texte : collectif
Photographies : Josée Lecompte

Elles étaient dix. Dix filles qui ont choisi de partir ensemble, le temps d’un long week-end, en direction du Babes Ride Out. Elles reviennent avec un lot d’histoires et un réservoir d’essence qu’elles ont vidé pour le remplir d’émotions colorées, de rires, de courbes parfaites entre deux vallons et de défis qui se transforment en aventures. Le top du #girlpower. Les Québécoises vous racontent ce qu’elles y ont vécu de marquant.

 

Catherine

Samedi après-midi, je descends la 30 avec Dana en direction du Babes, un événement que j’attends depuis la fin de l’hiver. Il fait chaud, mi-soleil mi-pluie, la route est belle et les paysages sont à couper le souffle. Des vallons, des routes en bordure de rivières, des montagnes, des odeurs de terre humide et de verdure. On roule sur la même cadence. Il y a un moment sur cette route-là où j’ai atteint un état de grâce jamais égalé. J’étais tout à la fois, le vent, le ciel, la moto, le soleil et moi-même, totalement. À cet instant, j’ai eu l’envie folle de faire le reste de ma vie sur la route.

 

Dana

Babes Ride Out was a celebration of firsts. I’d done group motorcycle rides, but never with an all-female group. I’d gone camping, but never au bord de l’eau with my motorcycle parked beside my tent. I’d been tattooed, but never in a barn. I’d spoken franglais, but never on the side of a highway in the pouring rain. I’d done shots, but never with 50 screaming, beaming women. I’d felt independent, but never so free.

 

Édith

10 filles, 8 sur des bikes, 6 jours, 1600 kms… La chaleur cuisante du jour affirmant enfin l’été et la pluie de soirée dans les courbes aveugles des montagnes emplies de brouillards; la rencontre de filles exceptionnelles venues de partout en Amérique du Nord et partageant la même passion; un band de rockeuses clairement en mission de faire éclater leurs speakers en jouant, Hell en incarnant, Appetite For Destruction (l’album de mon enfance) et un gros feu de camp. Le weekend parfait. Ce qu’on recherchait? Je ne peux pas dire pour les autres. Je ne pense même pas être en mesure de le dire pour moi. L’aventure, I guess. Les expériences et souvenirs que j’en rapporte se bousculent. Trop peu d’espace. Mais j’en retiens surtout ceci : pendant six jours, on a réussi à vivre le moment présent. Rien d’autre en tête que la route et l’envie de la conquérir sur deux roues, mètre par mètre. 

 

Ines

J’ai acheté mon billet pour le BRO sur un coup de tête. Je n’avais même pas encore de moto! J’ai trouvé mon bike de rêve quelques semaines avant le départ, juste à temps pour me pratiquer un peu. Je suis la rookie de la gang et j’avais ridé juste 3-4 fois, fallait que je suive le beat! Quand on s’est finalement rendues, après nos mille et un arrêts imprévus à cause de problèmes de moteur, d’orages et de villages pas asphaltés, on a été accueillies en championnes. C’était irréel! Ce trip-là était un méchant gros défi pour moi, mais aussi l’initiation parfaite. J’ai tellement eu du fun à packer ma moto pour le camping. Vraiment, les organisatrices ont construit quelque chose d’unique. Il fallait être là. Et on m’a dit que j’ai fait plus de km en 6 jours sur mon permis d’apprentie que beaucoup de gens en une année. Ça me rend extrêmement fière et avec l’expérience que j’ai gagnée,  j’ai plus peur de rien!

 

Josée

Un beau prétexte à la photographie… 5 jours de moto, une gang de filles, les montagnes, la mécanique, le Babes Ride Out! L’occasion de découvrir un univers teinté de souvenirs d’enfance et d’émotions fortes. Ahhh les rides sur le vieux Goldwing de mon père! C’est aussi une nouvelle façon de voir le sujet, à travers les yeux de ces femmes passionnées qui ont une chose en commun, leur bolide. J’ai découvert des mordues de moto et la légèreté du libre voyage dans les routes montagneuses de l’état de New York. Être prêtes à tout, les embûches, les bris mécaniques, la chaleur, les orages, le partage, la fête. Une belle gang de 10 filles qui ne se connaissent qu’à peine. J’espère vous transmettre la magie de ces instants à travers ces portraits.

 

Julie

Qu’est ce que c’était l’expérience du BRO? WOW. Au début, je ne savais même pas si ma moto serait prête à temps (elle ne l’a pas été), mais j’ai eu la chance que mon boy me prête sa parfaite GL500 qui, by the way, est gé-ni-ale. Notre départ ne s’est pas passé comme prévu (of course), les filles étaient surexcitées, Manon devait aller chercher une nouvelle batterie et c’est la que j’ai compris que notre voyage serait que de l’imprévu. Adventure life. La route, c’était fou: les paysages, la température, les problèmes de bike des filles (que j’ai pris en main pour la plupart), tout ça faisait partie de la run vers notre récompense: arriver à Babes Ride Out. Arrivées là-bas, tard, j’étais vraiment contente, enfin on allait pouvoir chiller un peu. Tsé, prendre une bière avec un paquet d’autres bikeuses qui ont l’air toutes smath et qui partagent toutes la même passion: faire de la moto. C’est quand même ça le BRO, une manière de connaître d’autres babes d’ailleurs et de pouvoir tripper ensemble. Ce qu’on a amplement fait! On a vécu de belles aventures il y en a d’autres qui s’en viennent! J’capote!

 

Manue

Le matin du grand départ, j’ai failli rester à Montréal à cause d’un pépin mécanique. À la dernière minute, mon copain à échangé sa Sportster contre ma CB750 ’74. Je ne pouvais pas croire que je partais sans mon bike! Mais… j’avais une Harley pour traverser les Adirondack. S’est ensuite enchaînée une série de péripéties héroïques. Ma bonbonne de propane a pris en feu alors que je préparais des pâtes. Une chèvre suicidaire a causé un accident. Un déluge torrentiel avec éclairs m’a obligé à m’improviser un pantalon en sac à poubelle …parce qu’on oublie toujours un item important! Un troupeau de buffles sur un pâturage vallonné et de la brume de montagne rendaient le trajet mémorable. Une fois arrivé, c’est dans la grange de biker que ça se passait. L’enseigne lumineuse »Babes Ride Out » nous rappelait qu’on était enfin là. 750 km plus tard! La bière 805 et le whisky coulaient à flots. Je reconnaissais des visages de filles que je suis sur Instagram. On avait juste envie de lever les bras et se faire des high five. On se retrouvait, comme si on se connaissait déjà!

 

Manuella

J’ai pris tout un guess en partant avec mon vieux Bronco. Je voulais vivre l’expérience sur 4 roues à défaut de ne pas avoir encore mon permis de moto. Le moteur avait un problème intermittent à cause d’un sensor défectueux. La veille du départ, il m’a choké 4 fois, j’étais découragée. Plus de power break, ni de power steering c’est quand même freakant! Ç’a été comme une opération à cœur ouvert avant de partir, pète une bolt dans l’EGR valve, rajoute une pièce d’aluminium en découpant le gabarit dans une cannette de Pepsi… La photographe qui m’accompagnait pour la ride n’était vraiment pas stressée, on a même fini sur un terrain de golf en descendant une côte! À notre arrivée, on a été accueillie comme des vainqueurs. C’était magique comme ralliement, les filles ont vraiment réussi à créer quelque chose d’unique. Cette aventure a été significative pour moi et j’ai déjà hâte de repartir, mais cette fois-ci sur deux roues.

 

Manon

After almost 2 years of following Babes Ride Out, 2 years of drooling over badass women riding, wrenching, partying and supporting each-other, it was the morning of the East Coast event, all my gear was packed up toight like a tiger and I was ready….This is where I’ll mention that my bike challenged the idea of a smooth/problem free ride that very morning, but nothing was going to keep me from leaving Montreal. Despite the early setback, everyone had smiles plastered on their faces and the most positive energy flowing as we all looked forward to the roads ahead. A road where we zipped through a curve and caught the most breathtaking view, a herd of Ankole-Watusi the colour of the hard ground in the rich green misty mountain’s natural staircase. A road infused with the smell of cedar and pine after heavy rain in the Adirondacks. A road with a convenience store, where the lady had no time to give us a tip on directions because »Closed » (I’m sure she had time to hear our engines roar). A road with a fucking goat. A road to the historic Woodstock festival grounds. And that road, the one to the gas station in the middle of the night, exhausted after successfully having avoided (some) potholes and wildlife, when we asked one man : Are we near Narrowsburg?   »Y’all ARE in Narrowsburg »…

 

Vénus

J’ai appris l’existence de BRO l’année passée. J’ai tout de suite voulu vivre ce trip-là : bouffer des km avec uniquement ce que ma machine me permet d’apporter, vivre dans la nature, et fêter ma réalisation avec d’autres femmes venues de partout. Mais je n’étais pas trop game de le faire seule: j’ai mon 6A et ma moto (une Virago XV750 ’92) depuis moins d’un an, et je n’avais jamais sorti mon anglais du pays. Ça me prenait des complices de ride, pour BRO et pour tous les autres roadtrips que la vie pourrait m’apporter… Il y a quelques mois, avec deux amies, on a fondé la branche The Litas Montréal. Avant même qu’elles se rencontrent en vrai, des filles planifiaient vivre l’aventure de BRO. Par la suite, l’histoire s’est écrite toute seule : plus de 1500 km pour faire connaissance avec nos machines, nos capacités et nos limites, et une gang de babes complètement disjonctées. Merci pour les souvenirs les girlz! Quand est-ce qu’on repart?

*** Merci tout spécial à Brixton ***

Babes Ride Out - Oneland