La Sûreté du Québec (SQ) se tape dans les mains pour avoir intercepté plus de 570 voitures et motos modifiées en une seule journée. Après les Opérations Mufflers, c’est les opérations motos et véhicules modifiés (MVM).  En moins de 48h, Facebook s’enflamme et 1041 partages, 1344 Grrrr et plus de 1300 commentaires négatifs plus tard, les pompiers se font toujours attendre pour tenter d’éteindre le feu.

La SAAQ, la moto, les modifications et la police, c’est un cocktail explosif qui inquiète de plus en plus. Alors même si on ne fait pas dans la politique, puisque ça n’a jamais été le mandat de Oneland, on prend deux minutes pour réfléchir sur ce post et cette vive réaction du public. Parce que je dois admettre que j’éprouve un profond malaise lorsque je parcours les commentaires suivant cette publication de la Sûreté du Québec sur sa page Facebook, même si j’ai un grand respect pour le métier de policier.

Gérer les médias sociaux est un art que peu de gens maitrisent. C’est pourquoi les entreprises et les organisations gouvernementales paient cher pour avoir avec eux des spécialistes en médias sociaux. Lorsqu’on fait une bourde, un bon gestionnaire de communauté est capable de récupérer le tir, de recadrer tout ça et si possible, de stopper l’hémorragie. C’est arriver avec la STM, avec Hydro-Québec, avec les jus Lassonde, avec Telus, avec Walmart et bien d’autres. Après avoir fait des choix discutables sur les réseaux sociaux, ils se sont habilement tiré d’affaires en engageant la discussion avec les internautes mécontents. La page Facebook d’une organisation est une porte ouverte sur comment on entretien, ou non, le dialogue avec la clientèle ou, dans ce cas-ci, les citoyens.

Je ne souhaite pas prendre position sur l’opération en tant que telle, mais plutôt sur le dialogue de sourds que cette situation démontre de façon déconcertante. Plus de 1300 commentaires plus tard, dont la plupart critiquent ou questionnent la pertinence de l’opération, la SQ demeure muette. Rien pour tempérer la situation, rien pour calmer le jeu, rien pour tenter de nous expliquer le bien-fondé de cette action pour laquelle on mobilisa plus de 120 policiers et qui se solda en 545 interventions et probablement autant, sinon plus, de constats d’infraction. Rien. Silence. Radio. La SQ laisse ça aller…Surete Quebec MVM OnelandIl y a-t-il un gestionnaire de communauté dans l’édifice de la rue Partenais? Parce qu’à mon humble avis, il y a là un beau défi à relever côté relation publique. On se félicite d’avoir fait de cette opération un grand succès qui s’inscrit dans la volonté de la Sûreté du Québec de poursuivre l’amélioration du bilan routier, mais outre les commentaires violents et haineux qui ne font avancer en rien le dossier, certains citoyens soulèvent de véritables questions qui méritent qu’on s’y attarde.

“Puisqu’on parle des systèmes d’échappement, en quoi une telle opération de la SQ contribue-t-elle à améliorer le bilan routier s’il n’y a pas d’excès de vitesse, pas de cellulaire au volant, pas d’arrêt obligatoire fait à la va-vite, pas d’alcool au volant, pas de pédale au fond dans une zone scolaire, pas de conducteur sans ceinture de sécurité, pas de conduite dangereuse, pas de points d’inaptitudes?”

La question semble pertinente. Alors pourquoi personne n’y répond?

En attendant, tenez-vous le pour dit, des opérations comme ça, il y en aura d’autres. Des arrestations filmées par des motocyclistes puis mises en ligne en guise de protestation, il y en aura d’autres aussi. Les pages et les groupes Facebook qui se donnent comme mission de dénoncer les abus de pouvoir et les policiers qui font du zèle continueront de gagner popularité. La vague de commentaires non constructifs se transformera en tsunami de plus en difficile à gérer. La relation malsaine entre certains policiers, quelques municipalités, la SAAQ et les motocyclistes continuera de gangrener nos saisons sur la route. Au final, on sera tous perdant.

On peut balayer le conflit sous le tapis encore longtemps, mais il faudra bien se rendre à l’évidence et se sortir la tête du sable un jour. Malheureusement, le problème existe. Il est observable, quantifiable et vérifiable: il y a une réelle cassure entre la SAAQ, les policiers et les motocyclistes. Quelqu’un doit s’y pencher sérieusement avant que la haine ne prenne toute la place.

Le communiqué de presse officiel

BILAN DES OPÉRATIONS MVM

Date de diffusion : 5 juillet 2018

Plus de 120 policiers ont participé le 3 juillet dernier à des opérations motos et véhicules modifiés (MVM) en Montérégie, en Estrie et au Centre-du-Québec. Ces opérations en matière de sécurité routière visent une mobilisation des officiers, des responsables d’unité et des patrouilleurs. L’objectif est d’intervenir auprès des conducteurs de motos et de véhicules modifiés qui ne sont pas conformes au Code de la sécurité routière, en ciblant entre autres la conformité des systèmes d’échappement des motos et des véhicules modifiés.

Au total, près de 60 points de blocage ont été établis, plus de 570 véhicules modifiés, motos et véhicules récréatifs ont été interceptés et environ 545 interventions ont été effectuées.

Soulignons la participation de plusieurs organisations à cette opération, dont : les services de police des villes de Sherbrooke, Bromont, Granby, Saint-Jean-sur-Richelieu et Mercier, ainsi que les régies intermunicipales de police de Roussillon et de Memphrémagog, Contrôle routier Québec, les patrouilleurs de soutien aux MRC ainsi que les policiers-motards de la Sûreté du Québec.

Ces opérations, de même que l’opération Intersection qui a eu lieu le 3 mai dernier, sont une initiative régionale et s’inscrivent dans la volonté de la Sûreté du Québec de poursuivre l’amélioration du bilan routier. D’autres opérations similaires sont prévues au cours des prochaines semaines.

Source: Sûreté du Québec