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La Svartpilen 701 ou Essai routier pour les nuls

Il faut le dire d’emblée, Oneland est plus connu pour ses portraits ou ses récits de voyage que pour ses essais routiers. C’est pourquoi on a été un peu surpris quand Husqvarna Canada nous a proposé deux billets en direction du Portugal pour aller essayer la Svartpilen 701. Mais vous savez, tester une nouvelle moto dans un pays qui fait rêver… disons qu’on n’a pas trop posé de questions et qu’on s’est empressés de dire oui avec plein de points d’exclamation.

Attachez votre casque avec de la broche !

C’est à Lisbonne, au restaurant de l’hôtel Fontecruz, après la conférence de presse, que Charles-Édouard et moi rencontrons Costa Mouzouris. Journaliste moto d’expérience, ancien coureur de piste, le Montréalais n’est pas à son premier lancement ni à son premier essai routier. Il n’est pas aussi impressionné que nous par l’hôtel, avenue Liberdade, ou par le logo Husqvarna imprimé sur la pâte d’amande qui trône sur notre dessert à la fin du repas. J’ai 1000 questions à lui poser sur le déroulement. «Demain, tu vas rouler avec des professionnels. Ça va aller vite. Ils vont zigzaguer entre les voitures. Ça se peut aussi qu’il y ait des manoeuvres que tu considères hasardeuses. Dans tous les cas, respecte ta limite.» Je note.

Trop chill pour les pros

Jeudi matin, 8h00. On est tous rassemblés dans le lobby de l’hôtel. On est divisés en trois groupes. Je tâte le pouls des gens présents. Il y a Wes Reyneke journaliste pour Bike Exif qui, à l’instar de Costa, collectionne les lancements de moto à l’international comme d’autres collectionnent les sous-verres. Il y a William Perretti, 22 ans, deux ans de Supermoto, puis cinq ans de moto sur les routes corses (lire un habitué de la vitesse et des routes qui tournent à l’infini). Graham Jarvis, pilote d’Enduro Extrême et membre du Factory Team Rider d’Husqvarna. Il a remporté quatre fois le Scottish Six Days Trial, neuf fois fois le Scott Trial, cinq fois le British trials Champion pour ne nommer que ceux-là. Bref, cet homme sait manier la machine avec autant de précision que Lucky Luke manie le pistolet. Et bien sûr, mon coéquipier Charles-Édouard.

William Perretti en action!

Notre groupe décolle vers 9h00. On sort rapidement du centre-ville pour emprunter l’autoroute. Et braaaaaaaaaap, ça décolle! La petite Svartpilen 701 en a dans le ventre. L’odomètre monte. À 135 km/h, j’abdique, je ne veux pas suivre le groupe au-delà de ça même si j’ai l’impression que la moto tient aussi bien la route qu’une moto de course. Charles-Édouard, pour sa part, abandonne à 150. Le groupe se divise en trois. Les pilotes en avant, celui qui ferme le convoi et moi derrière et Charles-Édouard perdu quelque part entre les deux. C’est ainsi qu’après seulement 15 minutes de ride on se perd. Oneland est définitivement plus en mode touriste qu’en mode racing.

Décidément fiable

Svartpilen en français signifie flèche noire. Ce qui lui va très bien. Dans ce peloton, je ne suis peut-être pas l’archer le plus expérimenté, mais ça ne gêne en rien mon appréciation de la ride. Sur les routes sinueuses du Portugal, j’apprécie la largeur du guidon qui m’offre une excellente stabilité, l’antipatinage qui me sauve dans une courbe rocailleuse en tête d’épingle et les freins ABS appliqués d’urgence derrière un camion cube après une courbe à l’aveugle. En ville, c’est la douceur du levier d’embrayage et la hauteur de la Svartpilen qui me séduit. Ni trop basse ni trop haute, un must pour les arrêts fréquents. Dans cette grande joute du chat et de la souris, je n’ai pas le réflexe d’essayer le Easy Shift qui permet de changer les vitesses sans appuyer sur le levier d’embrayage. Et à vrai dire, je n’ai pas encore vraiment compris l’utilité de cette fonction.

Un modèle résolument moderne

En fin de journée, on retourne en ville dans le quartier LX Factory. Cette ancienne fabrique de tissus a été réaménagée en un petit village où on y trouve en autres, restaurants et bar branchés, boutiques de créateurs, centre de coworking pour start-up… un mélange écclectique et soigné entre le passé et le présent. Un peu comme la Svartpilen, à son tour un amalgame futuriste, qui conjugue l’époque de la moto flat-track et des lignes scandinaves épurées. Pas de chrome, que du noir et de belles lignes droites. Less is more disent les adeptes du design minimaliste.

Là-bas, on prend des photos avec nos montures en se la jouant un brin. Charles-Édouard se donne particulièrement et sort de son shooting photo avec la mention «Pussy Magnet» attribuée par le photographe. Une appréciation non négligeable de la part de Sebas Romero, photographe de mode barcelonais qu’Huqsvarna a fait voyager spécialement pour l’occasion. Dans cet environnement créatif et industriel, la Svartpilen se marie au décor. Je crois, effectivement, qu’elle saura plaire à l’explorateur urbain qui aime se faufiler en ville, au célibataire qui ne veut pas s’encombrer d’un où d’une backseat (ça se fait, mais je donne pas cher du confort), aux femmes raffinées ou à une clientèle jeune et avant-gardiste qui cherche à la fois l’efficacité et l’originalité.

Boucler la boucle et recommencer

Comme à un fil d’arrivée, c’est avec soulagement et une fierté certaine qu’on gagne notre hôtel. Le soir, entre deux bouchées, de retour dans le quartier LX Factory, Costa me précise que la plupart des essais routiers en Europe ressemblent à celui-là. «J’espère que ça ne t’a pas trop intimidé et que tu vas accepter les prochaines invitations, me dit-il.» Avec grand plaisir !… et une légère pointe d’appréhension. Paulo Coelho disait : «Il n’y a qu’une seule chose qui rend un rêve impossible à réaliser : la peur de l’échec.» Et ce n’est certainement pas demain que je vais laisser la peur me guider.

La Svartpilen 701 est disponible au Québec à partir de 13 399$.

Svartpilen 701 2019 – Fiche technique (selon le constructeur)

Type de moteur : Monocylindre, 4 temps
Cylindrée : 692,7 cc
Alésage/course : 105 mm / 80 mm
Démarreur/batterie : Démarreur électrique / 12 V 8,6 Ah
Boîte de vitesses : 6 rapports
Alimentation : Injection électronique Keihin, corps de papillon de 50 mm
Réduction finale : 16:40
Refroidissement : Liquide
Embrayage : Embrayage anti-dribble APTC à commande hydraulique
Cadre : Cadre à treillis tubulaire en acier au chrome-molybdène
Faux cadre : Aluminium
Suspension avant : Fourche inversée WP 43 mm
Suspension arrière : Monoamortisseur WP avec tringlerieFreins avant/arrière : Frein à disque 320 / 240 mm
Pneus avant/arrière : Pirelli MT60RS, 110/80R18; 160/60R17
Angle de chasse : 25°
Déport du t de fourche : 28 mm
Empattement : 1 436 ± 15 mm / 56,5 po ± 0,6 po
Garde au sol : 164 mm / 6,5 poÀHauteur de selle : 835 mm / 32,9 po
Capacité réservoir : 12,0 l / 3,2 gal
Poids sans carburant : 158,5 kg / 349,4 lb