Photos: Audrey H. Arsenault

Les Iles-de-la-Madeleine, je les avais visitées il y a de ça trois ans. Périple moto avec un vieux chum, quelques jours à peine passés à Havre-Aubert, le temps d’une session de surf dans l’eau glacée, de faire la 199 d’un bout à l’autre, deux ou trois pintes à l’Abri de la tempête et puis voilà, fallait déjà rentrer. Cette fois-ci, les choses sont différentes. Une semaine complète à explorer la région en septembre avec ma blonde, des motos, du grand vent et un air pur comme nulle part ailleurs.

Choisir entre la route et l’avion

L’idée de prendre l’avion pour se rendre aux Iles est franchement géniale pour s’éviter les deux jours de route à l’aller et la traversée de 5h à partir de Souris à l’Ile-du-Prince-Édouard. Non seulement on gagne du temps, mais si on calcule l’essence, le motel, la bouffe et le passage pour le bateau que l’on s’évite, ça fait encore plus de sens.

Un vol de la compagnie aérienne Pascan d’à peine 2h30, avec un arrêt à Bonaventure en Gaspésie, dans un avion si minuscule que l’on doit se courber le dos pour y circuler. Pas même 15 places dans cet environnement clos où la proximité est telle que je pourrais tenir la main du pilote en cas de turbulences. Une fois arrivé, c’est l’Agence de location des Iles, une sympathique entreprise qui fait la location de voitures, motos, scooters et Spyder à Cap-aux-Meules qui nous reçoit, fraîchement descendu de l’avion. Une fois sur place, tout ce qu’il nous reste à faire, c’est de se prendre deux motos (ou une voiture) et partir à l’aventure dans ce monde vents, dunes et marées.
Printemps, automne?

L’objectif du voyage était de découvrir l’endroit en mode « hors-saison ». C’est connu, visiter les Iles-de-la-Madeleine en plein cœur de l’été, non seulement c’est dispendieux, mais ça demande une planification qui s’amorce des mois d’avance et ça implique de partager les routes de ce coin de paradis avec dix milliers de touristes. Pas que je suis égoïste, mais des routes aussi magnifiques que celles que l’on retrouve aux Iles, quand t’es à moto, t’as tout simplement envie de les garder pour toi tout seul. C’est pourquoi le printemps et l’automne sont définitivement deux saisons à privilégier pour un roadtrip moto dans ce coin reculé de la province. Tranquillité assurée.

Côté température, il ne faut pas trop s’en faire, les deux saisons sont clémentes et les écarts avec ce que l’on vit dans la métropole ne sont pas si grands. Le froid n’est pas plus froid aux Iles, la pluie mouille autant là-bas qu’ici. Seule chose, le vent peut-être diablement fort et parfois surprenant surtout lorsque l’on traverse les dunes et que le sable s’élève pour nous fouetter les joues. Mais ça fait partie de l’ADN des Iles: là-bas, le vent ne souffle pas, il chante.

Des vagues et des couchers de soleil

Quand c’est la curiosité qui prend la commande, quand c’est l’aventure qui dicte le chemin à prendre, difficile de prévoir dans quel décor se couchera le soleil ce soir. Ça fait à peine quelques heures qu’on est arrivé que déjà on se coule une petit canette de Miller sur le dos d’une vieille épave, celle du Corfu, échoué en 1963 du côté de l’Étang-du-Nord. Sortir de la 199

C’est la route provinciale 199 qui traverse l’archipel. Mais dire qu’on a fait le tour des Iles-de-la-Madeleine simplement parce qu’on a roulé les 85 km de la 199, du nord au sud, est une grave erreur. Parce que la meilleure façon les découvrir, c’est tout simplement de tourner à gauche ici, prendre à droite au bout, monter la montagne, puis tourner encore à gauche, pour finalement s’aventurer sur un chemin de gravier. C’est l’essence même du roadtrip que de se laisser guider par son instinct. Puis, sans l’avoir commander, on peut tomber sur une poissonnerie qui vendra du homard prêt-à-manger…

Faire de la moto aux Iles-de-la-Madeleine, c’est arrêter le temps. On laisse loin derrière les réseaux sociaux, le rythme effréné de la ville, les règles à suivre et ce besoin de toujours savoir où l’on ira demain. Ça permet d’ouvrir les yeux un peu plus grand. À force de regarder pour vrai, sans filtre et sans retouche, immanquablement, on est surpris par le paysage qui s’installe devant nous. La beauté des lieux, un horizon dessiné d’une main de maître, des falaises sculptées en poésie et des plages — 300 kilomètres de plage pour être exact —  à faire rêver. Et tout ça au Québec? Oui, on est assez chanceux pour avoir ça.

Les îles, une par une

L’archipel est composé des 5 principales iles : Ile du Havre Aubert, Ile du Havre-aux-Maisons, Ile du Cap-aux-Meules, Ile de la Grande Entrée et L’Ile-d’Entrée. Chacune a son histoire, ses gens, ses couleurs et ses paysages. Sur la route, parfois en vieille Honda Goldwing, parfois en Harley-Davidson Street — et confession, une demi-journée en Spyder —, on s’est perdu dans ces magnifiques villages, reliés entre-eux par les dunes ou par les ponts.À suivre…

Un peu plus tard cet hiver, nous reviendrons sur les rencontres que l’on a faites pendant ces cinq jours à découvrir ce diamant de sable au cœur du golfe du Saint-Laurent : les artisans, les commerçants, les habitants. On y présentera notre carnet d’adresses et quelques essentiels à découvrir pendant votre prochain séjour aux Iles-de-la-Madeleine.

D’ici là, à vos agendas, puisque c’est déjà le temps de planifier 2019 sur la route. Définitivement, il faut faire une place pour visiter l’archipel québécois pour partir à la rencontre des Madelinots et découvrir leur histoire.


Ce voyage a été rendu possible grâce à l’Agence de location des Îles en collaboration avec Voyage numériQC. Pour en savoir plus, visitez le site #TripAuxIles et courez la chance de gagner un voyage de 10 jours aux Îles-de-la-Madeleine d’une valeur de plus de 4500$.