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Récits

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Texte: Marion Ruel
Photos: Adventure650

Qui nous sommes n’a pas vraiment d’importance on pourrait très bien être un de vos collègues de travail, votre voisin ou, pourquoi pas; vous-même… Ce qui importe, c’est comment on en est arrivés là.  Tout quitter et faire le tour du monde à moto! Ça pour un changement drastique, c’est un changement drastique. Et pour y arriver, bien souvent, tout ce que ça prend c’est un déclic, une épreuve époustouflante qui réveille les âmes avec une grande claque! Petit retour en arrière.

Quand Fort McMurray te pousse à partir

Le matin du 3 mai 2016 dans la ville de Fort McMurray en Alberta, le réveil s’est fait dans l’anxiété. Une des plus grandes catastrophes naturelles allait chambouler notre quotidien. Les feux de forêt furent si voraces que rapidement l’incendie prit le nom de « la Bête ». Elle nous chassa de nos foyers et englouti tout ce qui ce qui se trouvait sur son passage.Moto Adventure650 Oneland episode 1 (2)

Daniel, 37 ans, est pompier et moi, Marion, 34 ans, je travaille dans une école. Il resta à combattre jour et nuit les flammes, tandis que je fus évacuée. C’est à ce moment que les idées se sont bousculées. Un feu qui dévaste de si grands territoires provoque certes la fertilisation des sols, mais, dans la rage, aussi celle de l’âme et des rêves. Quelques mois plus tard quand les cendres sont retombées et qu’on a retrouvé nos postes, que la routine confortablement s’est installés, on a réalisé ce qu’on aurait pu tout perdre. C’est à cet instant qu’on se réveille et on réfléchit à ce qu’un jour furent nos rêves. On se questionne : est-ce possible de vivre des aventures trépidantes? Est-ce égocentrique de simplement y penser?

Adventure650 Moto Oneland

Se sentir en vie, pour une fois

On aimerait tout quitter et se sentir vivant! Et puis cette redoutable et lourde voix de la raison qui nous amarre à nos vies chronométrées, faites de factures à payer et d’achats compulsifs qui nous aident à oublier qu’on est des esclaves du train-train. En réalité on est terrorisés à l’idée du changement. Puis on stresse pour tout et pour rien.

Selon le sondage réalisé pour Le Journal-TVA. La grande majorité (74%) des Québécois croient que nous vivons à une époque plus stressante qu’auparavant. L’argent, la santé et le manque de temps: voilà ce qui les empêche de dormir. Et les rêves d’aventure dans tout ça? Que se passe-t-il dans le cœur des gens? Est-ce un gros caprice général ou une réelle mutation des comportements. Aujourd’hui, on ose s’avouer que l’on n’est pas heureux dans la vie qu’on mène. On réalise beaucoup plus que la vie est courte et on a de moins en moins envie de mourir avec des regrets.Adventure650 Moto Oneland

Et puis merde! On n’a qu’une vie après tout! Alors voilà, on fait le grand saut, on prend une année pour nous. Avec un peu de recherche on trouve à Edmonton une magnifique Suzuki dr650 année 2000. Puis une seconde de 2007 un peu moins bien entretenue près de Red Deer. Daniel passera quelques mois à changer plusieurs pièces, ajuster certaines parties et à ajouter tout ce dont on aura besoin pour ces 12 mois d’aventure à explorer la planète au guidon de nos DR650. On organise le tout, on se concentre sur l’équipement. Et on repousse plusieurs fois la date du départ à quelques mois. Puis on réalise très vite que si on veut partir un jour on devra abandonner l’idée de tout planifier.Moto Adventure650 Oneland episode 1 (2)

Plein gaz: l’aventure moto commence

Le 7 juillet 2018, on ferme la porte de la maison et on enfourche nos bolides. On a à peine eu le temps de tester les motos avec tout le matériel installé, les sacs sont plus lourds et personnellement je n’ai que très peu d’expérience (voir aucune) sur ce type de bécane. Moto Adventure650 Oneland episode 1 (2)

On part avec cette petite inquiétude dans le ventre. Les épaules chargées de tension on s’ajuste tranquillement durant ces premiers 700 km qui nous amènent à Millet en Alberta. Évidemment on se perd sur le chemin, merci au réglage du GPS, on tourne en rond sur environ 205 km. Heureusement que les routes de campagne de l’Alberta sont magnifiques.Moto Adventure650 Oneland episode 1 (2)

Il nous faudra quelques jours pour arriver à Calgary, là dans les hangars d’Air Canada, on attèle les motos solidement comme des chevaux de course, cargaison précieuse que l’on espère récupérer à Paris dans 48 h.Moto Adventure650 Oneland episode 1 (2)

Si faire le tour du monde vous semble chimérique, si ce rêve vous semble inaccessible, et si vous n’imaginez pas un instant qu’un voyage à long ou court terme soit à la portée de tous, croyez-moi sur parole, il n’en est rien. Nous sommes de plus en plus nombreux à sauter le pas et si la plupart d’entre nous y parviennent, pourquoi pas vous ?

“Je suis à l’âge où si l’on ne réalise pas tout de suite ses derniers rêves d’enfant, ils se transforment, l’année d’après, en regrets de vieillard.  » – Philippe Bouvard


On voudrait remercier; The North Face et Seagull pour leurs supports et bien sûr tous les curieux et passionnés d’aventure qui nous encouragent avec leurs commentaires et questions que nous recevons sur la page Facebook d’Adventure650

 

 

 

 

 


Suivez les aventures de Marion et Daniel à travers leurs récits de voyage sur Oneland.

Je quittais la péninsule d’Uluwatu le cœur léger, mais la tête en enclume. Paulina, une expat Mexicaine, autrefois éleveuse de dauphins, m’avait hébergé en couchsurfing pendant une semaine. Nous avions fêté fort mon départ à la téquila cheap.

9 filles de Montréal et 1 fille de Québec, avec 8 bikes et un Ford Bronco monté sur du 31 pouces. Elles n’ont pas eu peur de braver le manque d’expérience sur les longues distances, les intempéries et les pépins mécaniques pour participer à cette édition East Coast.

J’avais choisi l’île des Dieux pour surfer jusqu’à la nausée, ma première mission d’envergure de ce trip de 6 mois. Le monde est décevant en général, mais se lever dans la couleur du matin rend pieux, board sous le bras, une force de tronc d’arbre à l’âme.

Cette ride-là, je l’attendais depuis un bout. Je l’attendais parce que ce n’est pas une ride comme les autres. C’est la première ride de 6 filles qui ont décidé chacune de leur bord d’aller au Babes Ride Out et qui se sont rencontrées il y a deux mois à peine par la magie des Litas.

Texte & Photographies: Charles-Etienne Pascal Octobre 2015. Mon cadran sonne.  Il est 5 heures du matin. Je m’habille chaudement, prends mon sac qui abrite ma caméra, mes fidèles 3 lentilles fixes et je pars rejoindre mon ami et collègue Gab BT dans Villeray. Gab et moi partageons deux passions: l’image et la moto. L’une étant notre gagne pain et l’autre étant notre échappatoire. Ce matin, on combine les deux. Il fait encore noir quand on remplit la voiture avec sa caméra RED, plusieurs batteries, lentilles, moniteurs, accessoires, etc. On fait attention de ne pas accrocher son beau KZ650 modifié en brat et son TDR deux temps…

La clé dans la porte, le sac déposé sur le sol, une grande respiration puis deux grandes questions : « Qu’est-ce que je mange? » et « Quand est-ce que je repars? ». Pour partir, il faut arriver. Faut fermer le livre avant d’en prendre un autre.

En voyage à moins de 60$ CA la nuit, dans le cœur d’une Amérique peu visitée, on n’a jamais croisé une seule femme de ménage, on a vidé nous-mêmes nous poubelles, on s’est essuyé avec la serviette mouillée d’un des gars ou pire encore, avec le tapis de bain, on a marché sur des miettes de chips qui n’étaient pas les nôtres.