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Photos : Charles-Etienne Pascal

Le 16 octobre dernier, ma chum Marie-Ève m’a invité à aller voir Nitro Circus au Centre Bell. Un événement à haut niveau de sensation qui ne te donne franchement pas envie d’enfourcher un motocross – ni rien d’autre du matériel roulant présenté dans le spectacle, d’ailleurs. Pour moi, ce genre d’activité est réservé aux jackass de ce monde, des dudes et des casse-girls, qui carburent à l’adrénaline et qui ne se laissent pas intimider par un tibia fracturé. Bref, une catégorie de gens avec qui je ne partage que le genre humain.

C’est donc uniquement armé de mon enthousiasme et de ma curiosité que j’ai dit «OUI !» suivi d’une multitude d’émojis quand Bianca a proposé aux Litas de former un groupe de girls pour une demi-journée chez Xtown à Mirabel. Je suis peut-être pas une casse-girl, mais je suis quand même une fille willing. Pour 200$ on nous promet une formation, la location d’une Honda CRF 230F et tout le gear nécessaire pour se donner un minimum de confiance. Let’s do it.

Catherine - Xtown

S’habiller pour rouler

La veille, je suis excitée comme une puce le soir de Noël. Lina m’a prêté tout son équipement de motocross, vestige d’une autre époque. Habillée de la tête au pied, je regarde mon reflet dans le miroir. Badass à souhait. God ! je peux pas croire que m’en vais faire ça ! Je suis un peu fière. Sur place le matin, quand je vois Bianca sortir avec un plastron qui lui donne plus le look d’Alex dans Flash Dance que Jolen Van Vugt a.k.a Nitro Girl, je suis ben contente d’avoir emprunté mes vêtements de protection. La place semble un peu moins équipée pour les petits gabarits. Un élément mal ajusté peut ébranler l’assurance fragile qu’on tente de se donner en ce moment.

Bianca - Xtown

Motocross 101

C’est chaud et humide. On a hâte de commencer. Les deux formateurs/accompagnateurs nous demandent si on a déjà conduit une moto. Oui. «Faque ça devrait ben aller. Quand vous êtes dans une courbe, levez la jambe du côté que vous tournez». Voilà, en gros la formation à laquelle nous avons eu droit. On comprend assez vite que l’apprentissage devra se faire par la pratique. Ainsi soit-il. On commence les tours de pistes. Ça prend un peu de temps avant de me coordonner. On peut remarquer sur la photo ci-bas que je ne lève pas la bonne jambe (!), mais ça viendra rapidement, je vous assure.

Catherine - xtown

Possibilité de blessures : 11/10

On commence par apprivoiser la piste débutant où l’une des courbes sera le théâtre d’une série de vols planés. Heureusement qu’il n’y a que nous. Inès se blessera à un pied, Vénus un peu partout. Mon ami Joe m’a déjà dit que lorsqu’il prend une courbe en moto, il applique légèrement le frein arrière à l’entrée de la courbe en maintenant la poignée des gaz pour «écraser» la moto dans la courbe et maintenir sa vitesse dans le virage, héritage me disait-il de ses années de motocross. Je sais pas pourquoi, ça me revient en tête. J’essaie d’appliquer ça à tout hasard. Au final, ça l’air de fonctionner. C’est peut-être ça qui m’a évité de me retrouver au sol. Merci Joe !

Vénus - Xtown

xtown

De zéro à intermédiaire

Très rapidement, on se retrouve sur la piste intermédiaire. Me semble que la barre vient de monter drastiquement de plusieurs coches. On est sur la piste avec des gars qui en ont rien à cirer de la gang de filles qui vient de débarquer. C’est un peu hardcore de se retrouver là. Mais à ma grande surprise, ça demeure courtois et respectueux sur la piste. Dans la mesure du possible, of course. On est quand même sur une piste de motocross, pas au jardin botanique. On fait des tours de pistes. J’adore ça ! Je réussis même à décoller mes roues dans quelques jumps d’au moins 1 pied. Dans ma tête, je suis aussi hot que ce dude-là avec qui on partage la piste. Mais c’est vraiment juste dans ma tête.

piste intermédiaire - xtown

La vie après le motocross

Notre aventure se termine à 13h30. Heureusement parce que mes poignets et tout le haut de mon corps ont atteint leurs limites. Deux filles sont déjà sur les Ice Pack. Je suis raquée, j’ose pas imaginer ce que ce sera demain. Dans notre gang l’expérience semble mitigée. Toutes heureuses et franchement fières d’avoir tenté l’expérience, mais pas toutes convaincues de répéter l’activité. De mon côté, j’y retournerai volontiers. Je ne deviendrai certainement pas la prochaine Travis Pastrana, mais ça m’a fait décrocher sur un méchant temps. La prochaine fois par contre, j’aimerais bien avoir la chance de sortir de la piste. Aller faire de la trail, ça doit être tout simplement incroyable et diablement formateur.

Merci à Xtown pour la journée.

Voir la galerie photo de la journée.

Pour participer à des activités trippantes girls only, joignez les Litas Montréal.

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Suivez-nous sur Facebook et Instagram pour voir plus de photos de l’événement par Charles-Étienne Pascal.

Texte : collectif
Photographies : Josée Lecompte

Elles étaient dix. Dix filles qui ont choisi de partir ensemble, le temps d’un long week-end, en direction du Babes Ride Out. Elles reviennent avec un lot d’histoires et un réservoir d’essence qu’elles ont vidé pour le remplir d’émotions colorées, de rires, de courbes parfaites entre deux vallons et de défis qui se transforment en aventures. Le top du #girlpower. Les Québécoises vous racontent ce qu’elles y ont vécu de marquant.

 

Catherine

Samedi après-midi, je descends la 30 avec Dana en direction du Babes, un événement que j’attends depuis la fin de l’hiver. Il fait chaud, mi-soleil mi-pluie, la route est belle et les paysages sont à couper le souffle. Des vallons, des routes en bordure de rivières, des montagnes, des odeurs de terre humide et de verdure. On roule sur la même cadence. Il y a un moment sur cette route-là où j’ai atteint un état de grâce jamais égalé. J’étais tout à la fois, le vent, le ciel, la moto, le soleil et moi-même, totalement. À cet instant, j’ai eu l’envie folle de faire le reste de ma vie sur la route.

 

Dana

Babes Ride Out was a celebration of firsts. I’d done group motorcycle rides, but never with an all-female group. I’d gone camping, but never au bord de l’eau with my motorcycle parked beside my tent. I’d been tattooed, but never in a barn. I’d spoken franglais, but never on the side of a highway in the pouring rain. I’d done shots, but never with 50 screaming, beaming women. I’d felt independent, but never so free.

 

Édith

10 filles, 8 sur des bikes, 6 jours, 1600 kms… La chaleur cuisante du jour affirmant enfin l’été et la pluie de soirée dans les courbes aveugles des montagnes emplies de brouillards; la rencontre de filles exceptionnelles venues de partout en Amérique du Nord et partageant la même passion; un band de rockeuses clairement en mission de faire éclater leurs speakers en jouant, Hell en incarnant, Appetite For Destruction (l’album de mon enfance) et un gros feu de camp. Le weekend parfait. Ce qu’on recherchait? Je ne peux pas dire pour les autres. Je ne pense même pas être en mesure de le dire pour moi. L’aventure, I guess. Les expériences et souvenirs que j’en rapporte se bousculent. Trop peu d’espace. Mais j’en retiens surtout ceci : pendant six jours, on a réussi à vivre le moment présent. Rien d’autre en tête que la route et l’envie de la conquérir sur deux roues, mètre par mètre. 

 

Ines

J’ai acheté mon billet pour le BRO sur un coup de tête. Je n’avais même pas encore de moto! J’ai trouvé mon bike de rêve quelques semaines avant le départ, juste à temps pour me pratiquer un peu. Je suis la rookie de la gang et j’avais ridé juste 3-4 fois, fallait que je suive le beat! Quand on s’est finalement rendues, après nos mille et un arrêts imprévus à cause de problèmes de moteur, d’orages et de villages pas asphaltés, on a été accueillies en championnes. C’était irréel! Ce trip-là était un méchant gros défi pour moi, mais aussi l’initiation parfaite. J’ai tellement eu du fun à packer ma moto pour le camping. Vraiment, les organisatrices ont construit quelque chose d’unique. Il fallait être là. Et on m’a dit que j’ai fait plus de km en 6 jours sur mon permis d’apprentie que beaucoup de gens en une année. Ça me rend extrêmement fière et avec l’expérience que j’ai gagnée,  j’ai plus peur de rien!

 

Josée

Un beau prétexte à la photographie… 5 jours de moto, une gang de filles, les montagnes, la mécanique, le Babes Ride Out! L’occasion de découvrir un univers teinté de souvenirs d’enfance et d’émotions fortes. Ahhh les rides sur le vieux Goldwing de mon père! C’est aussi une nouvelle façon de voir le sujet, à travers les yeux de ces femmes passionnées qui ont une chose en commun, leur bolide. J’ai découvert des mordues de moto et la légèreté du libre voyage dans les routes montagneuses de l’état de New York. Être prêtes à tout, les embûches, les bris mécaniques, la chaleur, les orages, le partage, la fête. Une belle gang de 10 filles qui ne se connaissent qu’à peine. J’espère vous transmettre la magie de ces instants à travers ces portraits.

 

Julie

Qu’est ce que c’était l’expérience du BRO? WOW. Au début, je ne savais même pas si ma moto serait prête à temps (elle ne l’a pas été), mais j’ai eu la chance que mon boy me prête sa parfaite GL500 qui, by the way, est gé-ni-ale. Notre départ ne s’est pas passé comme prévu (of course), les filles étaient surexcitées, Manon devait aller chercher une nouvelle batterie et c’est la que j’ai compris que notre voyage serait que de l’imprévu. Adventure life. La route, c’était fou: les paysages, la température, les problèmes de bike des filles (que j’ai pris en main pour la plupart), tout ça faisait partie de la run vers notre récompense: arriver à Babes Ride Out. Arrivées là-bas, tard, j’étais vraiment contente, enfin on allait pouvoir chiller un peu. Tsé, prendre une bière avec un paquet d’autres bikeuses qui ont l’air toutes smath et qui partagent toutes la même passion: faire de la moto. C’est quand même ça le BRO, une manière de connaître d’autres babes d’ailleurs et de pouvoir tripper ensemble. Ce qu’on a amplement fait! On a vécu de belles aventures il y en a d’autres qui s’en viennent! J’capote!

 

Manue

Le matin du grand départ, j’ai failli rester à Montréal à cause d’un pépin mécanique. À la dernière minute, mon copain à échangé sa Sportster contre ma CB750 ’74. Je ne pouvais pas croire que je partais sans mon bike! Mais… j’avais une Harley pour traverser les Adirondack. S’est ensuite enchaînée une série de péripéties héroïques. Ma bonbonne de propane a pris en feu alors que je préparais des pâtes. Une chèvre suicidaire a causé un accident. Un déluge torrentiel avec éclairs m’a obligé à m’improviser un pantalon en sac à poubelle …parce qu’on oublie toujours un item important! Un troupeau de buffles sur un pâturage vallonné et de la brume de montagne rendaient le trajet mémorable. Une fois arrivé, c’est dans la grange de biker que ça se passait. L’enseigne lumineuse  »Babes Ride Out » nous rappelait qu’on était enfin là. 750 km plus tard! La bière 805 et le whisky coulaient à flots. Je reconnaissais des visages de filles que je suis sur Instagram. On avait juste envie de lever les bras et se faire des high five. On se retrouvait, comme si on se connaissait déjà!

 

Manuella

J’ai pris tout un guess en partant avec mon vieux Bronco. Je voulais vivre l’expérience sur 4 roues à défaut de ne pas avoir encore mon permis de moto. Le moteur avait un problème intermittent à cause d’un sensor défectueux. La veille du départ, il m’a choké 4 fois, j’étais découragée. Plus de power break, ni de power steering c’est quand même freakant! Ç’a été comme une opération à cœur ouvert avant de partir, pète une bolt dans l’EGR valve, rajoute une pièce d’aluminium en découpant le gabarit dans une cannette de Pepsi… La photographe qui m’accompagnait pour la ride n’était vraiment pas stressée, on a même fini sur un terrain de golf en descendant une côte! À notre arrivée, on a été accueillie comme des vainqueurs. C’était magique comme ralliement, les filles ont vraiment réussi à créer quelque chose d’unique. Cette aventure a été significative pour moi et j’ai déjà hâte de repartir, mais cette fois-ci sur deux roues.

 

Manon

After almost 2 years of following Babes Ride Out, 2 years of drooling over badass women riding, wrenching, partying and supporting each-other, it was the morning of the East Coast event, all my gear was packed up toight like a tiger and I was ready….This is where I’ll mention that my bike challenged the idea of a smooth/problem free ride that very morning, but nothing was going to keep me from leaving Montreal. Despite the early setback, everyone had smiles plastered on their faces and the most positive energy flowing as we all looked forward to the roads ahead. A road where we zipped through a curve and caught the most breathtaking view, a herd of Ankole-Watusi the colour of the hard ground in the rich green misty mountain’s natural staircase. A road infused with the smell of cedar and pine after heavy rain in the Adirondacks. A road with a convenience store, where the lady had no time to give us a tip on directions because  »Closed » (I’m sure she had time to hear our engines roar). A road with a fucking goat. A road to the historic Woodstock festival grounds. And that road, the one to the gas station in the middle of the night, exhausted after successfully having avoided (some) potholes and wildlife, when we asked one man : Are we near Narrowsburg?    »Y’all ARE in Narrowsburg »…

 

Vénus

J’ai appris l’existence de BRO l’année passée. J’ai tout de suite voulu vivre ce trip-là : bouffer des km avec uniquement ce que ma machine me permet d’apporter, vivre dans la nature, et fêter ma réalisation avec d’autres femmes venues de partout. Mais je n’étais pas trop game de le faire seule: j’ai mon 6A et ma moto (une Virago XV750 ’92) depuis moins d’un an, et je n’avais jamais sorti mon anglais du pays. Ça me prenait des complices de ride, pour BRO et pour tous les autres roadtrips que la vie pourrait m’apporter… Il y a quelques mois, avec deux amies, on a fondé la branche The Litas Montréal. Avant même qu’elles se rencontrent en vrai, des filles planifiaient vivre l’aventure de BRO. Par la suite, l’histoire s’est écrite toute seule : plus de 1500 km pour faire connaissance avec nos machines, nos capacités et nos limites, et une gang de babes complètement disjonctées. Merci pour les souvenirs les girlz! Quand est-ce qu’on repart?

*** Merci tout spécial à Brixton ***

Babes Ride Out - Oneland

 

Texte
Catherine David
Photographies
Josée Lecompte

Le Babes Ride Out East Coast a eu lieu du 27 au 30 mai dernier à Narrowsburg à la frontière des états de New York et de la Pennsylvanie. Plus de 300 filles s’y sont rencontrées, dont 9 filles de Montréal et 1 fille de Québec, avec 8 bikes et un Ford Bronco monté sur du 31 pouces. Elles n’ont pas eu peur de braver le manque d’expérience sur les longues distances, les intempéries et les pépins mécaniques pour participer à cette édition East Coast de l’événement féminin le plus en vue de la communauté moto.

LE DÉPART

8h30. C’est au Café Jeanne d’Arc qu’on se donne rendez-vous pour le grand départ. Lors de notre ride préparatoire on avait conclu qu’une bonne révision de nos transports s’imposait. On a donc tout fait pour mettre nos bikes en shape pour le jour «Babes». Malgré nos efforts, on a négligé un facteur important : de la mécanique, c’est pas toujours fiable. Julie, la mécano, arrive au café avec la GL500 de son chum, il lui manquait juste un tout petit peu de temps encore pour finir la sienne. À 10h, c’est Manue qui troque sa vieille CB750 ’74 contre le Sportster de son son homme, la sienne coule l’essence par l’un des carburateurs. À 10h45, Manon manque toujours à l’appel. Elle doit changer de batterie. À midi, quand on pense enfin que c’est le départ, c’est ma Nightster qui ne démarre pas. Une batterie neuve pourtant?! Jeeeeeeeez, c’est la panique. La terreur dans mes yeux et j’ai pas de chum pour échanger de monture. Julie et Phil, le proprio du café, viennent jeter un œil. Problème tout simple, la bolt du positif est lousse! Ce qui a de bien de partir d’un café moto friendly, c’est que le gars derrière le comptoir a les bons outils pas loin. Je suis sauvée!Oneland-BabesRideOut-8

ROULER EN GROUPE

Partir en groupe de 10 c’est vachement agréable, mais c’est aussi très long. On traverse les lignes à 15h30. On descend la 30, magnifique et sinueuse, sous le soleil et sous la pluie. Et c’est seulement à 22h30, après avoir cherché notre chemin dans la nuit, que, victorieuses, on franchit l’entrée du camping Moffitt Beach à Speculator. Aux abords du Sacandaga Lake, notre emplacement est magnifique, dommage que notre séjour y soit si court.

BABES RIDE OUT, HERE WE ARE

Le lendemain matin, Dana et moi sommes déjà prêtes comme deux jeannettes. On se détache du groupe et on part en direction de Narrowsburg en éclaireuses. 6 heures de routes parfaites et de moments de grâce plus tard, nous y voilà! J’ai la larme à l’œil tellement je suis émue, ça fait des semaines que j’en rêve. Fierté. Sentiment d’accomplissement. Excitation. Bonheur. Fatigue. Tout ça mélangé. Manuella et Josée dans le Bronco suivent de peu. Le reste du groupe arrivera tard dans la nuit : problèmes mécaniques répétitifs pour Manon, erreur d’itinéraire, gros temps, les filles ne l’ont pas eu facile. On les voit arriver au loin et on les accueille en championnes. Dana saute sur sa monture pour les guider vers notre campement, Manuella brandit l’énorme drapeau en courant à leur rencontre, de la bière au frette et les tentes déjà montées. Fierté. Sentiment d’accomplissement. Excitation. Bonheur. Fatigue. Tout ça mélangé. Le reste de la soirée, ça se passe dans la grange à faire connaissance avec les autres filles et à boire des shots de Sailor Jerry avec des girls déjà très avancées en alcool, devant l’immense enseigne lumineuse du Babes ride out.

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SLOW RACE

Samedi matin, tout le monde a la pêche, sauf une qui a une sale gueule de bois. Surexcitée, elle a multiplié les levés du coude la veille. Yolo style. Je tairai son nom par risque de représailles. Elle réussit quand même à manger le pire déjeuner de notre séjour qu’elle vomit néanmoins 10 minutes plus tard dans le bosquet à côté de sa Harley. Le reste de la journée, ça chill sous les chutes pour certaines, ça roule et flagosse pour les autres. En fin d’après-midi, on se rejoint pour la slow race où Ines et Julie sont les fières représentantes de la communauté francophone d’Amérique.

NUIT FOLLE

Le soir, on mange trop de tacos au food truck, 3 d’entre nous se font faire des tattoos à 20$, on boit de la 805 sans (trop) compter et on danse et chante en choeur «Sweet child o’ mine» avec un groupe de filles hommage à Guns N’ Roses pas toujours sur la note. Pour être franche, c’est plutôt ordinaire comme band, mais on est tellement bien dans le moment, qu’on s’en fout royalement.

UN DIMANCHE À LA CAMPAGNE

Le lendemain, c’est avec surprise qu’on constate que le camp se vide à vitesse grand V. La menace de pluie le lendemain? Envie folle de se coller sur son homme/sa femme? Tannez de suer sous les boules (il fait 42 au soleil quand même)? Indigestion de tacos? Allez savoir! Ça ne nous mine pas pour autant. On en profite pour se remettre en selle et faire un pèlerinage à Bethel sur le site du légendaire Festival Woodstock.

Sur le chemin du retour, c’est en voulant aller se rafraichir sous les chutes qu’on rencontre une chèvre. Avec sa cloche pis toute. Comme ça au milieu de la route. Voulant la sortir du chemin, Julie oublie de mettre son stand en débarquant, le bike lui tombe dessus. Bêtement. Juste comme ça. L’entaille est profonde. Pendant que la mécano se fait faire des points de suture, je descends la rivière sur une trip en 8 à l’effigie du drapeau des States avec Ines qui porte fièrement le maillot Budweiser (il y a juste elle qui peut porter ça avec classe). Rivière à fort courant d’ailleurs que l’on doit remonter tant bien que mal à pied/nage/essaie-n’importe-quoi-pourvu-qu’on-avance. On prend le reste de l’après-midi pour pratiquer la slow race entre nous (petite pensée au passage à la généreuse Édith qui tenait le drapeau sous un soleil de plomb). C’est aussi là que je me rends compte que faire de la moto en short, c’est cave. Mon mollet est marqué par mes pipes. Ce soir on écoute Ghostbuster dans la grange pendant que Vénus chill autour du feu avec les filles du terrain voisin.

Babes Ride Out East Coast, Onelandmag

PARCE QU’IL FAUT BIEN REVENIR

Le retour se fait en trois groupes : celles qui veulent dormir à la maison, celles qui veulent étirer l’aventure en faisant un dernier arrêt au mythique Tail O’ the Pup dans les Adirondacks et Manon qui veut partir solo vers New York. Moi, je suis de celles qui veulent se payer un dernier feu de camp avant de revenir aux cônes oranges de la ville.

Je mentirais si je disais que cette édition East Coast 2016 était parfaite. Camping trop vaste pour le nombre de filles, band de musique ordinaire, manque d’activités de groupe, mais l’édition East Coast se bonifiera d’année en année, car tout le potentiel y est. Pendant ce long week-end, nous avons eu la chance de côtoyer des femmes extraordinaires, de partager des moments forts et authentiques et de rouler avec des passionnées. C’est tout ce qui compte. On revient toutes le corps lourd et la tête légère. Cette aventure a eu quelque chose d’unique et précieux. Peut-être par le fait que nous ne nous connaissions pas vraiment avant de partir ou parce que c’était pour la plupart d’entre nous notre plus long voyage sur deux roues? Peut-être la rencontre de 300 femmes réunies autour d’une passion commune ? Tout ça? Une chose est sûre, ces 1540 kilomètres resteront longtemps gravés dans notre mémoire. Longue vie au East Coast!

Babes Ride Out East Coast

MENTIONS

Étoile de la ride: Ines, la rookie sur le 6A. Elle a déjà plus de millage que bien des motards du grand Montréal qui ont plus de photos Instagram à leur compteur que de kilomètres.

Mention spéciale : Josée, la photographe, enceinte de 6 mois qui a enduré le manque de sommeil et de nourriture sans perdre le sourire. Respect.

À améliorer : Les parkings de groupe! On est loin de se corder bien serré comme dans les Meet & Greet. C’est le chaos le plus total. C’est à croire qu’on a laissé notre savoir-vivre sous le viaduc Van Horne. Gênant.

*** Un merci spécial à Brixton.***

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Du 27 au 30 mai prochain se tiendra le Babes Ride Out East Coast, un événement de 3 jours girls only à Narrowsburg dans l’état de New York. ONELAND part vivre cette aventure avec 5 autres bikeuses qui n’ont pas froid aux yeux. Compte-rendu de notre première sortie préparatoire.

Samedi matin. C’est un peu désespérée que je texte Manue : « Mon bike démarre pas. Pars sans moi.» Pourtant mon partner avait changé ma batterie la veille. Ce que je croyais être un simple problème de 12V qui a mal pris l’hiver, c’est plutôt avéré un problème de système d’alarme défectueux. Cet enfoiré tire mon jus même au repos. C’est la merde.

Cette ride-là, je l’attendais depuis un bout. Je l’attendais parce que ce n’est pas une ride comme les autres. C’est la première ride de 6 filles qui ont décidé chacune de leur bord d’aller au Babes Ride Out et qui se sont rencontrées il y a deux mois à peine par la magie des Litas. La vie fait bien les choses. L’idée c’était de rouler ensemble une première fois, apprivoiser notre conduite et apprendre à communiquer sur la route. Mais cette ride-là, les filles la feront sans moi parce que mon Harley en a décidé autrement.

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C’était bien naïf de ma part de penser que Manue partirait sans moi. En moins de deux minutes, c’est plutôt vers chez moi qu’elle s’est dirigée. Elle arrive en café racer, son chum Jean-Michel derrière en voiture avec un battery pack pour me donner du jus. Ça, c’est le sisterhood. Deux pinces, un coup sur le start. Un son de moteur qui roucoule, Hell yeah, I’m in ! JM troque son Pontiac pour son Sportster. On part rejoindre le reste de la gang.

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Arrivés au Tim, c’est au tour de Tony, l’homme de Dana de prendre le relais sur mon Nightster. Il vérifie ma batterie pour voir si elle s’est rechargée sur la route. JM arrange une clip défectueuse. Je me sens bien entourée. Dana a tout prévu. La révision des signaux d’usages, l’itinéraire et un tool kit en cas de pépin. Cette fille-là n’a pas juste fait le tour du bloc en moto, ça paraît. On part. Premier arrêt, Sherrington. On va chercher Ines qui roule sur le 6R.

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Arrêt forcé à moins de quinze minutes de notre premier stop. Edith a attrapé son miroir gauche au vol, elle roule d’une main avec le clignotant qui menace de se détacher de son ferring à tout moment. Heureusement, Dana a le tool kit et Tony nous arrange ça en moins de deux. Rendus à Sherrington, on embarque Ines avec son gringo métal flake trop petit pour elle. Manon se détache du groupe, devoir oblige.

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On mange au Vieux Pub Rockburn à Hinchinbrooke. C’est à mon tour de quitter le groupe, je veux aller mener ma bécane chez le dealer avant que ça ferme. J’arriverai de justesse au moment même où ils closent l’immense porte de garage.

Notre première ride s’est plutôt bien déroulée : quelques erreurs d’itinéraires, du gros vent par bout, un peu de pluie, deux-trois problèmes de communication, des trucs habituels quoi. Ça nous a surtout appris qu’on doit absolument aller faire un check up de nos montures : la poignée de gaz de Manue est instable, le système d’alarme d’Edith fait des caprices et sa moto se détache en morceaux, le bike d’Ines coule l’huile, et on retient toujours notre souffle à savoir si la mienne va partir. Une belle gang d’éclopées.

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Notre départ est dans 17 jours. Les gars ne seront pas avec nous. On a encore pas mal de trucs à gérer d’ici là. Une chose est sûre, cette aventure-là s’annonce tout sauf ordinaire. On vous fait un topo à notre retour et on aura de maudites belles photos à vous montrer parce que Josée va nous accompagnée. Hell yeah!

 


 

**Merci à tous pour les photos.

Les Litas, ce n’est ni un gang ni un club de moto. Elles n’ont pas de structure hiérarchique et ne revendiquent aucun territoire. Elles sont néanmoins présentes dans 11 pays et 58 villes et représentent plus de 750 femmes. Un taux de participation que bien des clubs de motards pourraient envier. Qui sont les Litas ?

Le commencement

En 2014, l’Américaine Jessica Haggett a eu l’envie de rassembler les femmes passionnées, qui comme elle, avaient soif d’aventure et de liberté sur deux roues. Au premier rassemblement, 2 filles de Salt Lake City se sont pointées. Elle et sa best. Ça n’a pas freiné ses ambitions pour autant. Le réseau a fait des adeptes et a tranquillement séduit les filles des états voisins qui désiraient tisser des liens autour de leur passion commune. La suite appartient à l’histoire. «[…] Vous êtes en train de construire quelque chose de kick-ass dans votre communauté, vous devriez être fières. Moi, je le suis […]» écrit Jessica dans son communiqué destiné aux nouveaux regroupements.

The Litas, MontrealThe Litas Montréal

C’est au Harricana que j’ai rencontré Vénus St-Onge, Karine a.k.a Kapine Deschamps et Brigitte Janvier, surnommée Bibi. Cofondatrices de la branche montréalaise, elles ont pris en charge le réseau par amour de la moto et pour répondre au besoin de créer une communauté à leur image. «On a vu qu’il n’y avait pas de réseau féminin à Montréal qui traduisait notre vision de la moto, on s’est alors dit, pourquoi ne pas le faire. Les Litas correspondaient en tout point à ce que nous désirions créer, on a fait les démarches nécessaires» explique Vénus en toute simplicité. Les trois amies invitent d’ailleurs les filles des villes voisines comme Québec, Ottawa ou même les petits patelins comme Montebello à partir leur propre branche. «Ce serait le fun de pouvoir créer des rassemblements entre les villes. La seule condition pour partir une branche, c’est d’être au moins 3 et organiser un événement par mois. C’est plutôt accessible comme engagement», enchaîne Karine. L’invitation est lancée !

La clientèle

Les Litas attirent principalement les femmes de 30-40 ans qui roulent leur propre moto, mais le groupe est ouvert à toutes les bikeuses de la métropole sans discrimination d’âge, d’expérience ou de type de bolide. «Tu es une fille, tu roules une moto, tu es une Litas», résume Karine. Il n’y a d’ailleurs aucune cotisation à faire pour être membre. Se rassembler, construire des souvenirs mémorables, faire de nouvelles rencontres, festoyer et prendre soin les unes des autres, c’est ainsi qu’elles définissent leurs objectifs. En d’autres mots, vivre le sisterhood. À voir la complicité des trois acolytes, on ne s’ennuiera pas avec elles cet été!

Et les hommes dans tout ça

La page Facebook des Litas est ouverte à tous. «Les hommes, les entreprises et les autres groupes de motards peuvent nous suivre et échanger avec nous. C’est même encouragé. C’est comme ça qu’on va créer un réseau sain et fort», affirme Vénus. Un groupe fermé exclusivement féminin est en place pour la communication directe entre membres. Les Litas organisent parfois des événements mixtes, mais 80% de l’agenda doit être girls only. C’est le Girl Power !

Saison 2016

Le 2 avril prochain aura lieu le premier meet-up des «Montréalitas». Cette rencontre permettra aux babes de se rencontrer, mieux se connaître et échanger leurs attentes face au groupe pour la saison qui s’amorce. «Celles qui ont des propositions d’activités ou d’itinéraire sont invitées à les partager», soutient Vénus.

D’ailleurs, les Litas du Vermont ont déjà contacté Montréal pour organiser une rencontre. À voir l’excitation sur les réseaux sociaux, on peut certainement affirmer que Jessica Haggett a visé juste en créant ce réseau. Et Montréal lui dit merci.

Raise Hell, Babes.

 


 

Le 1er meet-up mensuel The Litas Montreal
2 avril 2016, 19:00
Brasserie Harricana
95 Jean-Talon Ouest (coin St-Urbain), Montréal

Vous voulez vous joindre à la branche montréalaise ? thelitas.co/montreal

Pour suivre la page Facebook : The Litas Montreal

Pour en connaître plus sur l’organisation, www.thelitas.co.

 

 

L’été s’annonce chaud pour les babes. La saison est à peine commencée que l’agenda girls only se rempli ! Une série de voyages à moto qui débute dès avril.

Survol des différents événements à venir sur la côte est:

Babes Ride Out East Coast
27 au 30 mai 2016
Lander’s Narrowsburg Campground – 69 De Mauro Lane, Narrowsburg, NY 12764
Organisé par Babes Ride Out
Distance : environ 602 km de Montréal

The Backroad Ball
17 au 19 juin 2016
12583 Route 114, Penobsquis, New Brunswick, Canada E4G 2X6
Organisé par The Litas New Brunswick branch
Distance : environ 925 km de Montréal

Babes Ride N Rage
09 au 11 septembre 2016
Ontario, lieu du campement à venir

Et si les kilomètres ne vous font pas peur, on attache le sleeping autour de la sissy bar et on part au coeur de l’Amérique.

Babes in the dirt
22 au 24 avril 2016
Hungry Valley, 46 001 Orwin Way, Gorman, California
Organisé par Babes Ride Out
Distance : environ 4711 km de Montréal 

The Dream Roll
12 au 14 septembre 2016
The Flying L Ranch, 25 Flying L Lane, Glenwood, WA 98619
Organisé par Lanakila MacNaughton and Becky Goebel
Distance : 4 350km

Babes Ride Out 4
20 au 23 octobre 2016
Joshua Tree, CA, détails à venir
Organisé par Babes Ride Out
Distance : environ 4465 km de Montréal

Bonne saison!

 

Vous organisez un événement exclusivement féminin ou vous désirez en ajouter un à cette liste ? Envoyez-moi les détails à cdavid.da à gmail.com

En cette journée internationale des femmes, on laisse toute la place à une pionnière du deux roues.

Dot Robinson, née en 1912, est considérée aux États-Unis comme la First Lady of Motorcycling. Son époque et son 5’2’’ 115 livres ne l’ont pas freiné à monter sur une moto et prendre la tête du concessionnaire Harley-Davidson de ses parents avec son mari Earl. Elle a fait sa première course d’endurance en 1930 et gagné plusieurs prix au cours de sa carrière, dont l’éprouvant concours national American Association Motocyclisme. Cette fois-là, seulement 7 coureurs sur 52 ont terminé la course !

Dot a ouvert la voie aux femmes en matière de motocyclette. Elle a fondé en 1941 le premier club moto exclusivement féminin avec son amie Linda Dugeau: les Motor Maids of America. Aujourd’hui, l’organisation est toujours en activité et compte 1 300 membres à travers le Canada et les États-Unis.

Vous aimez ces vieilles images de femmes audacieuses et franchement rock and roll qui chevauchent une moto? Une autre dame d’exception dans ce monde à deux roues, Cristine Sommer-Simmons, a parcouru les États-Unis à la recherche de telles images des années 1900 à 1950. Sa chasse au trésor s’est conclue par la parution du livre The American Motorcylce Girls : A Photographic History of Early Women Motorcyclists disponible sur Amazon. Inspirant !