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Encore un peu étourdis de la Tail of the Dragon, on roule vers l’est. On roule longtemps. 1000 km de ligne droite. Ça nous donne beaucoup de temps de pour penser au surf. On est loin d’être des pros. Marjorie n’en a jamais fait, pis moi j’ai une journée d’expérience sur des vagues de 2 pieds. La planche, c’est juste un prétexte pour passer une couple de jours sur la beach.

On ride sous le soleil. Un gros 33 degrés, avec tout le gear: manteau, pantalon, botte, full face. On cherche encore des zipper à ouvrir quand tout à coup: « Des dauphins! Ian! Des dauphins! As-tu vu, il y a des dauphins! » Se faire souhaiter la bienvenue par deux dauphins, on n’en demandait pas tant. Je pense que ça va être un beau trip Cap Hatteras.

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Cap Hatteras c’est 50 miles de pointe de sable. Il y a du surf partout le long de la côte. Les meilleurs spots sont au bout de la pointe, où l’on va. On choisit le Outer Banks Motel, Buxton North Carolina. On croyait que c’était touristique Cap Hatteras. Je pensais qu’il y aurait le boardwalk, des commerces, des stands sur la beach. Non. C’est quasi-désert. Une couple de restos, un surf shop, un dépanneur. Le reste, c’est des maisons sur pilotis. That’s it.

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Leçon de surf
On saute dans nos sandales, direction surf shop. En moins de deux, on se booke une session pour 9h demain matin. On s’achète des délicieuses bières en passant et on va jeter un coup d’œil aux vagues. Shiiiiitttttt! Les vagues sont plus hautes que nous autres! On sent le petit rire nerveux quand on se dit : « Euh…cool! »

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6h, pas capable de dormir. Beaucoup trop excité! On a rendez-vous avec Jahfar au surf shop. Il arrive en pick-up. 16 ans, nu-pied, cheveux blonds bouclés, bronzé. Il est parfait. Ce gars est clairement né sur une planche de surf. Jahfar est un homme de peu de mots. Il nous montre la position à adopter sur la planche en deux secondes et on se garroche tout de suite dans l’eau. Paddle, paddle, paddle… Marjorie demande à Jahfar c’est quand le bon moment pour se lever. « You will feel it ».

On ne la jamais vraiment feel it. Une heure de gros fun, mais là on est à bout. Pour surfer, faut être beaucoup plus en shape qu’on s’imaginait. Demain on se loue une planche et on essaye à notre beat. Jahfar est ben cool, mais ce n’est pas le prof de l’année.

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Le vrai sens du mot liberté
On en profite pour retourner à l’hôtel par la plage qui va à perte de vue. Pendant de longues sections, pas un chat. Pas de chat, mais des crabes en masse. Des mini crabes semi-transparents qui se creusent un petit trou dans le sable. Il y en a tellement qu’on dirait que le sable bouge devant toi. Des heures de plaisir juste à les regarder courir de côté.

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Ce soir, on a le goût de rêver. On embarque sur le bike pour aller faire le tour du village et regarder les maisons. On y va free spirit. Casque, short, gougoune et t-shirt. Living on the edge! On sent l’air chaud nous fouetter la peau. L’odeur de la mer nous entre dans le nez. De vrais surfs bums sur deux roues, malgré le full face pis notre gros bike de brousse.

On arrête souper dans un pub au nom très inspirant : Pangea Taverne. On s’installe sur la terrasse et je me lance dans le menu bière. Local craft beer. À côté de nous il y a un couple dans la cinquantaine. La femme trop pimpé, l’homme trop bronzé. La femme parle au cellulaire à la table et Bob voit que j’hésite devant le grand choix de bière. Il me conseille une IPA de la région. Un excellent choix Bob. Merci!

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On a parlé de tout et de rien avec lui pendant la moitié du souper. Elle, toujours en conversation sur son cell. Bob nous parle de requin. Il nous dit qu’il y a eu 5 attaques de requin dans les dernières semaines en Caroline du Nord. Demain, on surfe pareil. De retour au motel après cette belle soirée, Marjorie me déclare: « Si tu n’as jamais roulé en moto sans brassière, tu ne peux pas comprendre le vrai sens du mot LIBERTÉ ! »

Surf session
Une bonne nuit de sommeil et on se sent top shape pour le surf. Au surf shop, Jahfar est en arrière de la caisse. Son conseil du jour: « Today, the wind will be your worst enemy ». Il nous donne la même planche qu’hier. Celle qui mesure un kilomètre de long.

Il y a 20 minutes de marche entre le surf shop et la plage. Je demande à Jahfar s’il livre. Non, mais on a ce qu’il faut pour l’attacher sur le top de ton char…sauf qu’on est en moto. On part donc avec notre planche en dessous du bras direction surf spot.

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Les vagues sont gigantesques! Je me lance en premier. Juste passer le break, je suis déjà brûlé. J’essaye tant bien que mal, mais ce n’est pas un grand succès. Ça doit être à cause du vent… Je laisse la planche à Marjorie. Pas un grand succès non plus. On alterne comme ça toute la journée. On s’amuse à souhait. On a même réussi quelques vagues. Quelques constats: on n’apprend pas à surfer avec une formation d’une heure. Quelques sessions de push-up par semaine ça aiderait surement.

Demain, on quitte déjà. Pour sa beach avec ses milliers de crabes et ses coquillages colorés. Pour sa beauté. Pour sa simplicité. Pour son odeur. Cap Hatteras, c’est le paradis. C’est un endroit parfait pour louer une maison sur le bord de la mer pour un trip de gang. On va essayer de se mettre chum avec un vrai surfer et on va l’amener avec nous la prochaine fois.

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Retour kitsch
On part vers le nord direction Montréal. On en profite pour longer la côte est. En traversant les villes touristiques de la Virginie, on sa tape dans les mains d’avoir choisi Cap Hatteras. Les tours à condos et les mégas hôtels s’alignent les l’un après les autres. Il y a du monde partout. Un autre monde. On traverse le Lucius J. Kellam Jr Bridge-Tunel entre la Virginie et le Delaware. D’une longueur de 37 km, le pont passe sous l’eau en se transformant en tunnel à quelques reprises. Il est considéré comme l’un des plus longs ponts du monde.

Sur un coup de tête, on décide d’aller coucher à Wildwood. Ici, tout s’est arrêté en 1982. Le kitsch des années 80 est partout. Un boardwalk interminable avec des manèges à tous les 500 pieds. Des vendeurs de gogosses, des crèmeries, des pizzas, des beignes, un petit train qui est toujours dans les jambes. On est loin de Cap Hatteras. On choisit le Beach Terrace Motor Inn. Aux couleurs de Miami Vice avec sa vue sur une piste de Go Kart. On passe la soirée sur le boardwalk, on mange un délicieux cornet en essayant de ne pas se faire frapper par le petit train et on finit ça dans notre chambre en écoutant du Corey Hart.

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La fin d’une aventure
Au retour, deux jours d’autoroutes en silence. Les panoramas de la Blue Ridge Parkway, les 318 courbes de la Tail of The Dragon, les vagues de Cap Haterras dans l’coeur… Tout ça reste gravé dans notre mémoire à tout jamais. J’ai un drôle de feeling. Hâte de retrouver mon chez nous, mais déjà hâte de repartir pour un autre roadtrip. Je sais que je vais être un peu dépressif pour quelques jours. Le roadtrip c’est une drogue. Ça te donne un high incroyable, mais c’est toujours suivi d’un down au retour. C’est pourquoi ça te prend toujours un autre projet… « Marjorie, Terre-Neuve, ça te tente? »

« Terre-Neuve? Tellement! »

On sent déjà le prochain high…

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Texte : collectif
Photographies : Josée Lecompte

Elles étaient dix. Dix filles qui ont choisi de partir ensemble, le temps d’un long week-end, en direction du Babes Ride Out. Elles reviennent avec un lot d’histoires et un réservoir d’essence qu’elles ont vidé pour le remplir d’émotions colorées, de rires, de courbes parfaites entre deux vallons et de défis qui se transforment en aventures. Le top du #girlpower. Les Québécoises vous racontent ce qu’elles y ont vécu de marquant.

 

Catherine

Samedi après-midi, je descends la 30 avec Dana en direction du Babes, un événement que j’attends depuis la fin de l’hiver. Il fait chaud, mi-soleil mi-pluie, la route est belle et les paysages sont à couper le souffle. Des vallons, des routes en bordure de rivières, des montagnes, des odeurs de terre humide et de verdure. On roule sur la même cadence. Il y a un moment sur cette route-là où j’ai atteint un état de grâce jamais égalé. J’étais tout à la fois, le vent, le ciel, la moto, le soleil et moi-même, totalement. À cet instant, j’ai eu l’envie folle de faire le reste de ma vie sur la route.

 

Dana

Babes Ride Out was a celebration of firsts. I’d done group motorcycle rides, but never with an all-female group. I’d gone camping, but never au bord de l’eau with my motorcycle parked beside my tent. I’d been tattooed, but never in a barn. I’d spoken franglais, but never on the side of a highway in the pouring rain. I’d done shots, but never with 50 screaming, beaming women. I’d felt independent, but never so free.

 

Édith

10 filles, 8 sur des bikes, 6 jours, 1600 kms… La chaleur cuisante du jour affirmant enfin l’été et la pluie de soirée dans les courbes aveugles des montagnes emplies de brouillards; la rencontre de filles exceptionnelles venues de partout en Amérique du Nord et partageant la même passion; un band de rockeuses clairement en mission de faire éclater leurs speakers en jouant, Hell en incarnant, Appetite For Destruction (l’album de mon enfance) et un gros feu de camp. Le weekend parfait. Ce qu’on recherchait? Je ne peux pas dire pour les autres. Je ne pense même pas être en mesure de le dire pour moi. L’aventure, I guess. Les expériences et souvenirs que j’en rapporte se bousculent. Trop peu d’espace. Mais j’en retiens surtout ceci : pendant six jours, on a réussi à vivre le moment présent. Rien d’autre en tête que la route et l’envie de la conquérir sur deux roues, mètre par mètre. 

 

Ines

J’ai acheté mon billet pour le BRO sur un coup de tête. Je n’avais même pas encore de moto! J’ai trouvé mon bike de rêve quelques semaines avant le départ, juste à temps pour me pratiquer un peu. Je suis la rookie de la gang et j’avais ridé juste 3-4 fois, fallait que je suive le beat! Quand on s’est finalement rendues, après nos mille et un arrêts imprévus à cause de problèmes de moteur, d’orages et de villages pas asphaltés, on a été accueillies en championnes. C’était irréel! Ce trip-là était un méchant gros défi pour moi, mais aussi l’initiation parfaite. J’ai tellement eu du fun à packer ma moto pour le camping. Vraiment, les organisatrices ont construit quelque chose d’unique. Il fallait être là. Et on m’a dit que j’ai fait plus de km en 6 jours sur mon permis d’apprentie que beaucoup de gens en une année. Ça me rend extrêmement fière et avec l’expérience que j’ai gagnée,  j’ai plus peur de rien!

 

Josée

Un beau prétexte à la photographie… 5 jours de moto, une gang de filles, les montagnes, la mécanique, le Babes Ride Out! L’occasion de découvrir un univers teinté de souvenirs d’enfance et d’émotions fortes. Ahhh les rides sur le vieux Goldwing de mon père! C’est aussi une nouvelle façon de voir le sujet, à travers les yeux de ces femmes passionnées qui ont une chose en commun, leur bolide. J’ai découvert des mordues de moto et la légèreté du libre voyage dans les routes montagneuses de l’état de New York. Être prêtes à tout, les embûches, les bris mécaniques, la chaleur, les orages, le partage, la fête. Une belle gang de 10 filles qui ne se connaissent qu’à peine. J’espère vous transmettre la magie de ces instants à travers ces portraits.

 

Julie

Qu’est ce que c’était l’expérience du BRO? WOW. Au début, je ne savais même pas si ma moto serait prête à temps (elle ne l’a pas été), mais j’ai eu la chance que mon boy me prête sa parfaite GL500 qui, by the way, est gé-ni-ale. Notre départ ne s’est pas passé comme prévu (of course), les filles étaient surexcitées, Manon devait aller chercher une nouvelle batterie et c’est la que j’ai compris que notre voyage serait que de l’imprévu. Adventure life. La route, c’était fou: les paysages, la température, les problèmes de bike des filles (que j’ai pris en main pour la plupart), tout ça faisait partie de la run vers notre récompense: arriver à Babes Ride Out. Arrivées là-bas, tard, j’étais vraiment contente, enfin on allait pouvoir chiller un peu. Tsé, prendre une bière avec un paquet d’autres bikeuses qui ont l’air toutes smath et qui partagent toutes la même passion: faire de la moto. C’est quand même ça le BRO, une manière de connaître d’autres babes d’ailleurs et de pouvoir tripper ensemble. Ce qu’on a amplement fait! On a vécu de belles aventures il y en a d’autres qui s’en viennent! J’capote!

 

Manue

Le matin du grand départ, j’ai failli rester à Montréal à cause d’un pépin mécanique. À la dernière minute, mon copain à échangé sa Sportster contre ma CB750 ’74. Je ne pouvais pas croire que je partais sans mon bike! Mais… j’avais une Harley pour traverser les Adirondack. S’est ensuite enchaînée une série de péripéties héroïques. Ma bonbonne de propane a pris en feu alors que je préparais des pâtes. Une chèvre suicidaire a causé un accident. Un déluge torrentiel avec éclairs m’a obligé à m’improviser un pantalon en sac à poubelle …parce qu’on oublie toujours un item important! Un troupeau de buffles sur un pâturage vallonné et de la brume de montagne rendaient le trajet mémorable. Une fois arrivé, c’est dans la grange de biker que ça se passait. L’enseigne lumineuse  »Babes Ride Out » nous rappelait qu’on était enfin là. 750 km plus tard! La bière 805 et le whisky coulaient à flots. Je reconnaissais des visages de filles que je suis sur Instagram. On avait juste envie de lever les bras et se faire des high five. On se retrouvait, comme si on se connaissait déjà!

 

Manuella

J’ai pris tout un guess en partant avec mon vieux Bronco. Je voulais vivre l’expérience sur 4 roues à défaut de ne pas avoir encore mon permis de moto. Le moteur avait un problème intermittent à cause d’un sensor défectueux. La veille du départ, il m’a choké 4 fois, j’étais découragée. Plus de power break, ni de power steering c’est quand même freakant! Ç’a été comme une opération à cœur ouvert avant de partir, pète une bolt dans l’EGR valve, rajoute une pièce d’aluminium en découpant le gabarit dans une cannette de Pepsi… La photographe qui m’accompagnait pour la ride n’était vraiment pas stressée, on a même fini sur un terrain de golf en descendant une côte! À notre arrivée, on a été accueillie comme des vainqueurs. C’était magique comme ralliement, les filles ont vraiment réussi à créer quelque chose d’unique. Cette aventure a été significative pour moi et j’ai déjà hâte de repartir, mais cette fois-ci sur deux roues.

 

Manon

After almost 2 years of following Babes Ride Out, 2 years of drooling over badass women riding, wrenching, partying and supporting each-other, it was the morning of the East Coast event, all my gear was packed up toight like a tiger and I was ready….This is where I’ll mention that my bike challenged the idea of a smooth/problem free ride that very morning, but nothing was going to keep me from leaving Montreal. Despite the early setback, everyone had smiles plastered on their faces and the most positive energy flowing as we all looked forward to the roads ahead. A road where we zipped through a curve and caught the most breathtaking view, a herd of Ankole-Watusi the colour of the hard ground in the rich green misty mountain’s natural staircase. A road infused with the smell of cedar and pine after heavy rain in the Adirondacks. A road with a convenience store, where the lady had no time to give us a tip on directions because  »Closed » (I’m sure she had time to hear our engines roar). A road with a fucking goat. A road to the historic Woodstock festival grounds. And that road, the one to the gas station in the middle of the night, exhausted after successfully having avoided (some) potholes and wildlife, when we asked one man : Are we near Narrowsburg?    »Y’all ARE in Narrowsburg »…

 

Vénus

J’ai appris l’existence de BRO l’année passée. J’ai tout de suite voulu vivre ce trip-là : bouffer des km avec uniquement ce que ma machine me permet d’apporter, vivre dans la nature, et fêter ma réalisation avec d’autres femmes venues de partout. Mais je n’étais pas trop game de le faire seule: j’ai mon 6A et ma moto (une Virago XV750 ’92) depuis moins d’un an, et je n’avais jamais sorti mon anglais du pays. Ça me prenait des complices de ride, pour BRO et pour tous les autres roadtrips que la vie pourrait m’apporter… Il y a quelques mois, avec deux amies, on a fondé la branche The Litas Montréal. Avant même qu’elles se rencontrent en vrai, des filles planifiaient vivre l’aventure de BRO. Par la suite, l’histoire s’est écrite toute seule : plus de 1500 km pour faire connaissance avec nos machines, nos capacités et nos limites, et une gang de babes complètement disjonctées. Merci pour les souvenirs les girlz! Quand est-ce qu’on repart?

*** Merci tout spécial à Brixton ***

Babes Ride Out - Oneland

 

Texte
Catherine David
Photographies
Josée Lecompte

Le Babes Ride Out East Coast a eu lieu du 27 au 30 mai dernier à Narrowsburg à la frontière des états de New York et de la Pennsylvanie. Plus de 300 filles s’y sont rencontrées, dont 9 filles de Montréal et 1 fille de Québec, avec 8 bikes et un Ford Bronco monté sur du 31 pouces. Elles n’ont pas eu peur de braver le manque d’expérience sur les longues distances, les intempéries et les pépins mécaniques pour participer à cette édition East Coast de l’événement féminin le plus en vue de la communauté moto.

LE DÉPART

8h30. C’est au Café Jeanne d’Arc qu’on se donne rendez-vous pour le grand départ. Lors de notre ride préparatoire on avait conclu qu’une bonne révision de nos transports s’imposait. On a donc tout fait pour mettre nos bikes en shape pour le jour «Babes». Malgré nos efforts, on a négligé un facteur important : de la mécanique, c’est pas toujours fiable. Julie, la mécano, arrive au café avec la GL500 de son chum, il lui manquait juste un tout petit peu de temps encore pour finir la sienne. À 10h, c’est Manue qui troque sa vieille CB750 ’74 contre le Sportster de son son homme, la sienne coule l’essence par l’un des carburateurs. À 10h45, Manon manque toujours à l’appel. Elle doit changer de batterie. À midi, quand on pense enfin que c’est le départ, c’est ma Nightster qui ne démarre pas. Une batterie neuve pourtant?! Jeeeeeeeez, c’est la panique. La terreur dans mes yeux et j’ai pas de chum pour échanger de monture. Julie et Phil, le proprio du café, viennent jeter un œil. Problème tout simple, la bolt du positif est lousse! Ce qui a de bien de partir d’un café moto friendly, c’est que le gars derrière le comptoir a les bons outils pas loin. Je suis sauvée!Oneland-BabesRideOut-8

ROULER EN GROUPE

Partir en groupe de 10 c’est vachement agréable, mais c’est aussi très long. On traverse les lignes à 15h30. On descend la 30, magnifique et sinueuse, sous le soleil et sous la pluie. Et c’est seulement à 22h30, après avoir cherché notre chemin dans la nuit, que, victorieuses, on franchit l’entrée du camping Moffitt Beach à Speculator. Aux abords du Sacandaga Lake, notre emplacement est magnifique, dommage que notre séjour y soit si court.

BABES RIDE OUT, HERE WE ARE

Le lendemain matin, Dana et moi sommes déjà prêtes comme deux jeannettes. On se détache du groupe et on part en direction de Narrowsburg en éclaireuses. 6 heures de routes parfaites et de moments de grâce plus tard, nous y voilà! J’ai la larme à l’œil tellement je suis émue, ça fait des semaines que j’en rêve. Fierté. Sentiment d’accomplissement. Excitation. Bonheur. Fatigue. Tout ça mélangé. Manuella et Josée dans le Bronco suivent de peu. Le reste du groupe arrivera tard dans la nuit : problèmes mécaniques répétitifs pour Manon, erreur d’itinéraire, gros temps, les filles ne l’ont pas eu facile. On les voit arriver au loin et on les accueille en championnes. Dana saute sur sa monture pour les guider vers notre campement, Manuella brandit l’énorme drapeau en courant à leur rencontre, de la bière au frette et les tentes déjà montées. Fierté. Sentiment d’accomplissement. Excitation. Bonheur. Fatigue. Tout ça mélangé. Le reste de la soirée, ça se passe dans la grange à faire connaissance avec les autres filles et à boire des shots de Sailor Jerry avec des girls déjà très avancées en alcool, devant l’immense enseigne lumineuse du Babes ride out.

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SLOW RACE

Samedi matin, tout le monde a la pêche, sauf une qui a une sale gueule de bois. Surexcitée, elle a multiplié les levés du coude la veille. Yolo style. Je tairai son nom par risque de représailles. Elle réussit quand même à manger le pire déjeuner de notre séjour qu’elle vomit néanmoins 10 minutes plus tard dans le bosquet à côté de sa Harley. Le reste de la journée, ça chill sous les chutes pour certaines, ça roule et flagosse pour les autres. En fin d’après-midi, on se rejoint pour la slow race où Ines et Julie sont les fières représentantes de la communauté francophone d’Amérique.

NUIT FOLLE

Le soir, on mange trop de tacos au food truck, 3 d’entre nous se font faire des tattoos à 20$, on boit de la 805 sans (trop) compter et on danse et chante en choeur «Sweet child o’ mine» avec un groupe de filles hommage à Guns N’ Roses pas toujours sur la note. Pour être franche, c’est plutôt ordinaire comme band, mais on est tellement bien dans le moment, qu’on s’en fout royalement.

UN DIMANCHE À LA CAMPAGNE

Le lendemain, c’est avec surprise qu’on constate que le camp se vide à vitesse grand V. La menace de pluie le lendemain? Envie folle de se coller sur son homme/sa femme? Tannez de suer sous les boules (il fait 42 au soleil quand même)? Indigestion de tacos? Allez savoir! Ça ne nous mine pas pour autant. On en profite pour se remettre en selle et faire un pèlerinage à Bethel sur le site du légendaire Festival Woodstock.

Sur le chemin du retour, c’est en voulant aller se rafraichir sous les chutes qu’on rencontre une chèvre. Avec sa cloche pis toute. Comme ça au milieu de la route. Voulant la sortir du chemin, Julie oublie de mettre son stand en débarquant, le bike lui tombe dessus. Bêtement. Juste comme ça. L’entaille est profonde. Pendant que la mécano se fait faire des points de suture, je descends la rivière sur une trip en 8 à l’effigie du drapeau des States avec Ines qui porte fièrement le maillot Budweiser (il y a juste elle qui peut porter ça avec classe). Rivière à fort courant d’ailleurs que l’on doit remonter tant bien que mal à pied/nage/essaie-n’importe-quoi-pourvu-qu’on-avance. On prend le reste de l’après-midi pour pratiquer la slow race entre nous (petite pensée au passage à la généreuse Édith qui tenait le drapeau sous un soleil de plomb). C’est aussi là que je me rends compte que faire de la moto en short, c’est cave. Mon mollet est marqué par mes pipes. Ce soir on écoute Ghostbuster dans la grange pendant que Vénus chill autour du feu avec les filles du terrain voisin.

Babes Ride Out East Coast, Onelandmag

PARCE QU’IL FAUT BIEN REVENIR

Le retour se fait en trois groupes : celles qui veulent dormir à la maison, celles qui veulent étirer l’aventure en faisant un dernier arrêt au mythique Tail O’ the Pup dans les Adirondacks et Manon qui veut partir solo vers New York. Moi, je suis de celles qui veulent se payer un dernier feu de camp avant de revenir aux cônes oranges de la ville.

Je mentirais si je disais que cette édition East Coast 2016 était parfaite. Camping trop vaste pour le nombre de filles, band de musique ordinaire, manque d’activités de groupe, mais l’édition East Coast se bonifiera d’année en année, car tout le potentiel y est. Pendant ce long week-end, nous avons eu la chance de côtoyer des femmes extraordinaires, de partager des moments forts et authentiques et de rouler avec des passionnées. C’est tout ce qui compte. On revient toutes le corps lourd et la tête légère. Cette aventure a eu quelque chose d’unique et précieux. Peut-être par le fait que nous ne nous connaissions pas vraiment avant de partir ou parce que c’était pour la plupart d’entre nous notre plus long voyage sur deux roues? Peut-être la rencontre de 300 femmes réunies autour d’une passion commune ? Tout ça? Une chose est sûre, ces 1540 kilomètres resteront longtemps gravés dans notre mémoire. Longue vie au East Coast!

Babes Ride Out East Coast

MENTIONS

Étoile de la ride: Ines, la rookie sur le 6A. Elle a déjà plus de millage que bien des motards du grand Montréal qui ont plus de photos Instagram à leur compteur que de kilomètres.

Mention spéciale : Josée, la photographe, enceinte de 6 mois qui a enduré le manque de sommeil et de nourriture sans perdre le sourire. Respect.

À améliorer : Les parkings de groupe! On est loin de se corder bien serré comme dans les Meet & Greet. C’est le chaos le plus total. C’est à croire qu’on a laissé notre savoir-vivre sous le viaduc Van Horne. Gênant.

*** Un merci spécial à Brixton.***

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Après 750 kilomètres à serpenter les sommets des Appalaches avec la Blue Ridge Parkway, il est maintenant temps de trouver un endroit pour passer la nuit. Mais on a rien prévu. Tout ce qu’on sait c’est que demain, on s’attaque à la Tail of The Dragon.

C’est en regardant Google Map autour d’un café que l’on décide que Cherokee sera notre ville d’accueil pour la nuit. Une réserve amérindienne de la Caroline du Nord. Il y a des motels et des restos, c’est tout ce qu’on a besoin de savoir. Il y a une rue principale avec des kiosques souvenirs où ils vendent des mocassins et des dreamcatchers. Ici, ça sent le gaz. Pas d’alcool en vente nulle part. Ils n’ont pas le droit, sauf au Casino. Pis c’est pas vrai que je vais aller gambler pour boire une Bud ! On s’est pitché dans la rivière à place. Un autre genre de rafraîchissement. Je me mets en mode Tail of The Dragon. Je regarde la météo pour demain… de la pluie. D’la marde, on s’en va se coucher. On verra demain.

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Tennesse, why not?
En me réveillant, j’ai un flash. De l’autre côté de la montagne, c’est le Tennessee. « Marjorie ? Une journée à Knoxville, ça te tente ? » « Ben tellement ! » Je sais. Je suis un gars chanceux. Avec elle, c’est toujours simple. Direction Knoxville, Tennessee pour un petit 24 heures. Pour s’y rendre, il faut traverser les Great Smoky Mountains. Même sous la pluie, c’est magnifique. On roule sous un constant brouillard juste au-dessus de nos têtes. De là le nom Smoky, j’imagine.

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En arrivant au Tennessee, on croise deux villages : Gatlinburg et Pigeon Forge. Je ne sais pas comment vous expliquer ça… c’est un wannabe-Vega, ou une version cheap de Disneyland ! Mais y a de l’action et surtout des bars et des restaurants pis de la bière. Les hôtels thématiques s’enfilent les uns après les autres. King Kong grandeur réelle et perché sur un gratte-ciel. Des mini-pots avec des dinosaures qui crachent du feu et des volcans en éruption… Voyez le genre ? On finit par comprendre qu’on est à Dollywood. Un parc d’attractions qui appartient à nul autre que Dolly Parton!Knoxville4

Knoxville est cool. Beau centre-ville, une place centrale entourée par des terrasses qu’on fait toutes. Une pause qui tombe à point après cinq grosses journées de ride. Le soleil vient de sortir. Sur le toit du Preservation Pub, on s’enfile une couple de délicieuse American pale ale. On est heureux. Je surprends Marjorie avec les larmes aux yeux. C’est peut-être à cause des enfants en couche qui jouent dans la fontaine d’eau, mais j’aime croire que c’est juste parce qu’elle est trop heureuse d’être là, avec moi.

On attaque le Dragon
Au matin, on se lève : gros soleil. Ça y est, c’est aujourd’hui que ça se passe. Je suis nerveux. Ça fait tellement longtemps que je veux faire la Tail of the Dragon. Je vais être déçu? Ça ne peut pas être aussi intense que dans ma tête, non?! La Tail c’est un tronçon de 11 miles (18 kilomètres) qui traverse les montagnes. Sur ces 11 miles, il y a 318 courbes. Je répète : 318 courbes en 11 miles. Comprenez mon excitation?

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À l’entrée officielle de la route, du côté Est, il y a des boutiques, un restaurent et un petit motel qui indique le point de départ. Mais nous on arrive de l’Ouest. Aucune idée d’où il est le début. Après avoir fait le tour d’un lac sur la route US129, j’aperçois une pancarte jaune avec une flèche en zigzag. Le panneau en losange qui annonce qu’une série de courbes s’en vient. Dessous, il est écrit : Next 11 miles. C’est là! La Tail of the Dragon! Je ressens un frisson me monter de la pédale de break jusqu’au bout de mes doigts. C’est un mélange d’excitation et de peur. Surtout quand on sait que plusieurs personnes par année n’en sortent pas vivante (ce bout-là, je ne l’ai pas dit ni à ma blonde, ni à ma belle-mère).

Courbe après courbe, en montée, en descente, c’est de l’adrénaline pure. La route ne fait pas que tourner, elle se tortille. Tout ça en plein milieu du bois, à flanc de montagne. Même si on est deux sur la GS avec trois valises remplies, on tricote les 318 courbes comme des champions. On fait même des flammèches!

318 raisons de s’en souvenir
En arrivant à la fin, au grand désespoir de ma blonde, je lève les bras dans les airs, je crie. Aucune déception, c’est même encore plus intense que je me l’étais imaginée. En fait, c’est juste clairement malade. J’espère juste être capable de me souvenir indéfiniment de ce grisant feeling. Bonne nouvelle, on peut avoir des images de nous en pleine action. Sur la route, il y a des photographes professionnels installés dans les courbes à 4 endroits stratégiques. Ils prennent des clichés de tous ceux qui passent et les rendent disponibles sur un site web. Un $20 US bien investit.

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Le setup du côté Est de la Tail est incroyable. Il y a des motos partout. Les stationnements du motel et des boutiques sont pleins à craquer. Du côté du motel, il y a aussi l’incontournable « Tree of Shame.» Un gros arbre où les gens qui se plantent sur la route accrochent une pièce de leur moto dans l’arbre. J’imagine que c’est comme une fierté de se planter ici. Et d’en survivre…

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On s’achète une pin Dragon US129 qu’on porte fièrement sur notre manteau. C’est quétaine, je sais, mais je sens que je viens d’accomplir quelque chose de grand et j’ai besoin d’en ramener des morceaux à la maison.

Un roadtrip jusqu’à l’océan
Bon. Maintenant on fait quoi ? On vient de se taper la Blue Ridge Parkway et les 318 courbes de la US129. On n’a pas planifié la suite. On est à 1800 kilomètres de chez nous et il nous reste encore 7 jours. J’ouvre la map. Je regarde vers l’est : L’Atlantique. Je vois Cap Hatteras… C’est à 1000 km d’autoroute.

On ne se pose même pas la question, on rembarque sur la BMW. On roule vers l’est, ça sent déjà la beach.

**Le premier texte de la série Skyline et Océan est ici: Blue Ridge Parkway**

C’est l’avant-veille de la St-Jean. Les trois valises de la GS 1200 sont pleines à craquer. J’ai le strict minimum et je n’angoisse pas. On quitte Montréal en début pm, il fait beau. Je crie mon excitation dans le micro de mon casque… Mon chum regrette déjà d’avoir installé le système de communication. Too bad pour lui.

Pour les deux prochaines semaines, le plan est simple : faire les 755 kilomètres de la Blue Ridge Parkway d’un bout à l’autre et se rendre à la mythique Tail of the Dragon. À part de ça, on y va au feeling. C’est ça le concept du roadtrip anyway.

À partir de Front Royal
Après une nuit de motel dans un village louche et beaucoup d’autoroute, on arrive à Front Royal en Virginie. C’est en déposant nos bagages sur le tapis brun de la chambre d’hôtel que l’orage pète. Pas pire timing quand même. Ici, le soir, y a rien à faire. Sauf peut-être aller manger au Spelunker’s comme tout le monde nous le recommande. Mais ça ne nous inspire pas tant. On opte plutôt pour un petit resto romantico-Italien mal décoré. Le propriétaire ressemble comme deux gouttes d’eau à Steve Martin, l’acteur.  Alors nous on l’appelle Steve et lui, il trip big time sur notre accent franco-french. Tellement, qu’il nous pousse du gros Aznavour et du Carla Bruni à tue-tête dans le resto, en boucle.DSC_0025

Montagnes, club sandwich et IPA
Le lendemain matin, on est prêt à affronter la route. Près du Parc national de Shenandoah, c’est là que commence la Skyline Drive qui nous mènera jusqu’à la Blue Ridge. Trop content de rouler, on perd la notion du temps et c’est notre ventre qui nous ramène à l’ordre… Pour manger, on atterrit chez Guertie’s à Vesuvius. Les stores sont fermés. Je ne suis même pas game d’entrer.

Guertie’s: un magasin général pas général. Guertie’s: une station-service sans gaz ni service. Guertie’s: un café-casse-croute-dépanneur-pas-trop-clair. La serveuse, la fille de Guertie elle-même, nous parle dans un anglais incompréhensible, un accent qui sent la campagne de la Virginie à plein nez. On a faim, on s’en fout. On commande quelque chose de safe : un club sandwich. Il est dégoulinant de vieux gras, y a du jambon à la place du poulet, mais bâtard que ça fait la job. C’est là dans ce trou, aussi miteux que fascinant qu’on rencontre une dame irlandaise. Typique. Elle porte une robe fleurie pis un chapeau. Elle nous explique que selon son guide voyage, cet endroit fait partie des incontournables du coin. Guertie’s? No shit!

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Elle, elle fait la Blue Ridge en solo en voiture, à sens inverse. Le sens inverse du nôtre, en fait. Elle nous suggère d’aller dormir à Lynchburg, ville manufacturière aux abords de la James River. Elle et son guide voyage nous inspirent confiance. Lynchburg, here we come!

Ian demande au premier venu où on devrait dormir et manger. Faut souligner que le premier venu, c’est souvent un itinérant semi-sur-la-brosse. Faque qu’on aboutit dans un motel cheap pis finit au pub du coin. Là. Ça dégénère. Rob, notre serveur-preacher nous sert de la IPA de la Parkway Brewrey comme s’il n’y avait plus de lendemain, tout en remerciant Dieu Tout Puissant pour notre présence, rien de moins. Thank God! Praise the Lord Rob!

Sauvés par Daniel Boone
Mais un lendemain y en a un et il est difficile. Et c’est les Advil extra-strenght qu’on remercie ce matin. Ça sent l’fond de tonne dans nos casques et moi, je me concentre pour ne pas m’endormir. Parce que je suis passagère et parce que ça m’arrive de cogner des clous.

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Je m’efforce quand même de garder les yeux ouverts parce que oui, le panorama en vaut la peine. Sur la Blue Ridge Parkway, il y a beaucoup de motos, mais aussi beaucoup de vieilles Buick qui ralentissent la cadence. Ça roule en pépère, mais vu notre état, on s’en fout. C’est quand même incroyable de penser que cette route a été construite en 1936 et que sa seule vocation est de permettre aux touristes d’admirer la vue du haut des Appalaches. Elle ne mène nulle part et ne sert à rien. Elle est là, on roule dessus, au sommet des montagnes. Elle nous fait sentir petits, mais tellement grands en même temps … Je deviens émotive quand je suis hangover.

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Cette journée-là, étonnamment, on roule longtemps. Jusqu’à ce que le coucher du soleil nous mène à Boone. Le vrai village du vrai Daniel Boone, en Caroline du Nord. Honnêtement, je ne savais même pas que ce mec avait existé pour vrai. Je chante la chanson sans cesse et Ian boit. Plein de pub et de microbrasseries dans cette ville universitaire, le paradis. On fait du bar hopping. Boone, c’est cool.

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La dernière portion de la Blue Ridge est sans contredit la plus spectaculaire pour les yeux. C’est pour ça qu’on fait deux fois un segment à flanc de falaise, tellement qu’on n’en revient pas. Et c’est aussi parce que je n’ai pas appuyé sur record sur la GoPro la première fois.

Trois jours pour la fin
Au plus haut point, à 6053 pieds, on a fait la rencontre de Nick, un gars qui fait la Blue Ridge chaque année depuis 15 ans. Tantôt seul, tantôt avec un ami, qu’il nous dit. Il est attachant et à l’écouter, on a le feeling qu’il la fait plus souvent seul qu’accompagné. C’est aussi ça les voyages : les rencontres. Parler trente minutes avec un Nick, un Peter, une Thelma, qu’on ne reverra plus jamais, avoir envie de se prendre dans nos bras, se faire un hug et s’en aller.

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Après trois jours de routes splendides, on arrive à la fin, entre entre le Parc national des Great Smoky Mountains et la réserve indienne Cherokee. Je suis énervée. J’ai hâte de franchir le fil d’arrivée officiel. Fouille-moi pourquoi, je m’attendais à une fanfare, un public en délire, une boutique souvenir pour me dégoter un t-shirt I did the BRP. Mais rien. Même pas une pancarte qui dit : « End of the road ».

Nothing. Juste la fin.

Pas la fin de l’aventure, mais la fin de cette première étape avant la Tail of the Dragon. Et c’est loin d’être terminé.