Partir sur la route, en voyage, en road trip, ça comporte beaucoup plus de bienfaits que tu peux te l’imaginer. Quand tu pars, tu te dis, « j’vais décrocher de la job, j’éteins mon cell, j’prends du temps pour moi», mais tu t’imagines pas à quel point c’est bénéfique pour ton précieux cerveau.

Dans notre patelin, dans notre routine, on a tous des habitudes et des comportements qu’on reproduit jour après jour, consciemment ou inconsciemment. On ne s’imagine pas à quel point notre vie est basée sur une routine qu’on répète de semaine en semaine, d’année en année.

C’est pour ça qu’on doit s’arrêter de temps en temps. Qu’on doit partir, s’enfuir de notre routine, qu’on la kick-out de notre vie ne serait-ce que pour quelques jours.

On ressent tous ce besoin de décrocher. De se libérer de ces pressions qui nous frappent quotidiennement. On s’est tous déjà levé un matin en disant «aujourd’hui j’rentre pas à job, j’fais rien, j’pars sur un nowhere», mais trop souvent, on écoute cette petite voix en dedans qui nous rappelle qu’on a des comptes à payer, qu’on a un horaire à respecter et une routine à répéter.

Quand on arrive à mettre ça de côté, on se libère de bien des choses auxquels on ne pense pas.

«On transgresse ainsi le « Chacun son rang, chacun sa place », on conteste ludiquement le respect de la hiérarchie des rôles et des statuts et l’assignation à résidence identitaire et sociale.» – Rachid Amirou

Comme le dit Rachid Amirou, Docteur en sciences humaines et pro de l’analyse de l’imaginaire touristique et du voyage, en quittant notre routine, on remet en question cet ordre qui s’impose à nous. On détruit les barrières sociales symboliques et ça procure un sentiment de libération qui nous permet de nous reposer un peu, ne serait-ce que pour une courte période, de l’imposition des rôles sociaux qui nous sont assignés.

Notre tête a besoin de ce sentiment de libération pour respirer, pour reprendre son souffle, pour remettre les pendules à l’heure.

Évidemment, on n’a pas toujours la possibilité de partir comme ça du jour au lendemain et de mettre de côté nos responsabilités.

L’important, c’est de garder en tête que ce n’est pas notre statut ou nos fonctions qui nous définissent en tant que personne. C’est de comprendre que cette liberté de penser et d’agir est à portée de main et qu’elle n’attend qu’à être saisie.

 

[1] Amirou, R. Imaginaire touristique et sociabilités du voyage. 1995, Les Presses universitaires de France, 1re édition, 281 pp. Collection «Le sociologue.»

Comments are closed.