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Catherine David

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Frontières fermées, confinement, distanciation, nous sommes loin des roadtrips improvisés dans le Vermont avec des chums à dormir cinq dans une chambre de motel cheap. Heureusement, il y a des récits de voyage moto comme celui de Maryse Hébert qui nous permettent de nous évader un peu. Bienvenue au Cross Egypt Challenge.

C’est une femme souriante et pleine de vie qui répond à mon appel vidéo. Elle a des yeux curieux et passionnés, un baume pour l’âme dans la morosité de l’automne.

En octobre 2019, après avoir magasiné les voyages de moto à l’international, Maryse marque un X sur l’Égypte. Elle vient de s’inscrire au Cross Egypt Challenge, un rallye d’endurance pour moto et scooter qui guide les participants sur quelques-unes des plus belles routes poussiéreuses du pays des pyramides, des minarets et du Nil.

Le rallye d’endurance de motos et scooters de cross-country est organisé sur les routes et les pistes les plus difficiles d’Égypte. Distance totale: jusqu’à 3000 kilomètres, soit de 200 à 500 km par jour. Ce qui a débuté comme un défi lancé entre cousins de voyager en scooter d’une ville à l’autre est rapidement devenu une opportunité d’attirer des touristes étrangers dans un pays malmené par les médias depuis la révolution du Printemps arabe. Aujourd’hui, le rallye accueille tous les types de pilotes, des amateurs aux professionnels. À chaque édition depuis 2012, une poignée de Canadiens et Canadiennes participent à la course.

Ici, Maryse conduit une Harley-Davidson Fatboy. De l’autre côté du globe, elle choisit plutôt d’enfourcher un scooter pour son périple. «La plupart des motos à louer sur l’expédition étaient des motos aventures, donc des motos trop hautes pour ma taille. Alors, j’ai décidé d’essayer de faire le Cross Egypt Challenge en scooter.» Pourquoi ne pas ajouter un peu de défi dans le… défi? Parcourir des distances qui varient de 175 à 460 km par jour, la machine au fond à 80 km/h sur des routes hasardeuses, sous un soleil de plomb pendant 10 jours, c’est peut-être ça le vrai challenge. Et même si le voyage a été éprouvant par moment, au final, ce sont les rencontres, les paysages désertiques, l’architecture millénaire et les bons souvenirs qui restent. Chaque roadtrip a son histoire.

Un voyage organisé en moto pour une aventurière dans l’âme n’est pas un peu contraignant? L’accompagnement par des guides locaux a fait toute la différence selon Maryse. Ce sont eux qui ont dirigé le groupe vers des petits bijoux loin des circuits touristiques. «J’ai eu accès à une autre facette de l’Égypte. Ensuite, je poursuivais mon voyage seul. Pour débuter, c’est un bon moyen de faire connaissance avec un pays.» Avec ses cheveux colorés et sa peau tatouée, les jeunes Égyptiennes qu’elle croisait voyaient davantage une rockstar qu’une pilote de moto, innombrables demandes de selfie à l’appui. « Les femmes qui pratiquent la deux roues en Égypte sont rares. Je représentais pour elles une liberté à laquelle elles n’ont pas facilement accès. C’est dans ces moments que l’on réalise à quel point nous sommes chanceuses et privilégiées d’être nées au Canada.»

Maryse a été charmée par le pays qu’elle a découvert en participant à ce voyage moto. Et l’Égypte, elle compte y retourner très bientôt. D’ailleurs 2021 marquera le 10e anniversaire du Cross Egypt Challenge. Pour l’occasion, l’organisation promet une édition spécialement mémorable. Souhaitons qu’on ait tourné la page sur la pandémie…

Plus d’info, visitez le Cross Egypt Challenge.

Photos: Maryse Hébert et Cross Egypt Challenge.

Le Temple de la Renommée de la Moto du Canada abandonne son nom et devient le Panthéon Canadien de la Moto. Plus court et dynamique, cette nouvelle appellation a permis à l’institution de se doter d’un nouveau logo plus lisible et plus clair symboliquement.

«Selon notre analyse, le lien entre les roues et la moto n’était pas évident dans le logo initial et les noms [anglais et français] étaient écrits en trop petits caractères», précise l’agence Muse Marketing.

La refonte a ensuite été confiée au graphiste Dean de St. Croix. Pour créer le nouvel emblème, celui-ci a repositionné et réactualisé les éléments qui le comporte.

Doté de sa nouvelle image, le Panthéon est maintenant prêt à continuer sa mission de préserver et promouvoir l’histoire du motocyclisme canadien, en sa qualité d’association sans but lucratif reconnue comme organisme de bienfaisance.

Banquet 2020 reporté

Le quinzième banquet annuel d’intronisation qui devait avoir lieu en novembre 2020 à Montréal a été reporté à l’année prochaine. François Cominardi, directeur du Panthéon au Québec, espère que tout sera rentré dans l’ordre: 

«Je suis très fier de participer au rayonnement des pilotes québécois dans le sport canadien. Car nous avons des champions exceptionnels au Québec qui ont marqué l’histoire. Le banquet vient à Montréal tous les quatre ans. C’est vraiment une fête de retrouver l’industrie réunie fraternellement auprès des intronisés. On se voit en novembre 2021 pour le banquet à Montréal, parce que le virus de la passion moto est plus fort que tous les autres.»

Cette année, les huit légendes et champions choisis par le comité sont:

  • Claude Bergeron, compétiteur (en photo d’en-tête)
  • Guy Giroux, contributeur/Compétiteur
  • Ben Milot, compétiteur
  • Scott Shane, compétiteur
  • Nathaniel Bossum, contributeur (décédé)
  • Hélène Boyer, contributrice
  • Paul Fournier, préparateur
  • Marcel Nadeau, Préparateur (décédé) – volet historique

À noter qu’Hélène Boyer est la première Québécoise à faire son entrée au Panthéon.

Pour en savoir plus sur le Panthéon Canadien de la moto ou pour soumettre une candidature, rendez-vous sur canmoto.ca.

Mesdames, vous rêvez d’un atelier-boutique moto chaleureux où l’on ne vous regarde pas de haut? Ce bijou existe! De l’autre côté de l’Atlantique, Mymy Rider offre un concept hybride et novateur spécialement dédié aux Parisiennes adeptes de moto. Entretien avec la passionnante Myriam Amrouni.

Après 19 ans chez Air France, Myriam souhaitait un nouveau défi. C’est en visitant la boutique Deus Ex Machina lors d’un voyage familial à Los Angeles qu’elle a l’illumination. « J’ai tout de suite eu l’impression d’être dans un endroit différent des autres garages, un lieu accueillant, chaleureux et propre. Un concept nouveau qui m’a plu tout de suite. »

Elle profite d’un programme de départ volontaire offert par la compagnie aérienne pour s’inscrire à deux formations de mécanique moto et, sans expérience, elle se relève les manches pour amorcer la lourde tâche de démarrer une entreprise. « Mon plus gros défi a été de prévoir mon financement. J’ai compris très rapidement que les banques ne soutiendraient pas mon projet, parce que je créais quelque chose de nouveau. Il n’y avait pas d’autres garages féminins sur lesquels se référer. » Après six mois de recherche intensive, c’est dans le 20e arrondissement qu’elle trouve le local idéal. Elle ouvre Mymy Rider en septembre 2016.

En franchissant les portes du 30 rue des Maronites, vous y trouverez un garage, une boutique et un endroit confortable où boire un café. Myriam a poussé le concept en offrant des ateliers participatifs aux personnes désireuses d’apprendre la mécanique, en plus d’offrir les ponts en location pour y travailler soi-même. Était-ce un pari risqué d’ouvrir une boutique moto dédiée spécialement aux femmes? « Je pense que c’était une niche à ce moment-là. C’est encore le cas aujourd’hui, car il n’y a toujours pas d’autre lieu comme le mien. En tout cas, pas à ma connaissance. Le pari était assez risqué, mais je savais également que le nombre de femmes passant leur permis moto ne faisait qu’augmenter. »

Et les hommes dans tout ça? « Les hommes n’ont jamais été exclus de chez Mymy Rider. Ils étaient d’ailleurs plus nombreux que les femmes au début à venir chez moi. Aujourd’hui, je peux dire que ce n’est plus le cas. J’ai autant de femmes que d’hommes comme clients. L’entreprise avait pour première vocation d’offrir aux femmes une gamme vestimentaire plus féminine que ce que nous propose aujourd’hui les grandes marques moto. Je souhaitais également avoir une approche différente d’un garage pour les femmes. » Trois ans plus tard, on peut dire mission accomplie!

Myriam doit, selon elle, le succès de son entreprise à son caractère féminin. « Je pense que l’image féminine change beaucoup l’atmosphère du lieu. Nous avons une approche différente par rapport aux garages habituels. Les visiteurs se sentent tout de suite bien en entrant chez nous. » Aujourd’hui, Myriam Amrouni développe sa marque! Nous aurons peut-être la chance de voir plus d’un garage Mymy Rider dans les années à venir. En espérant que ce beau concept traverse l’Atlantique!

MYMY Rider
30 rue des Maronites
75020 Paris
https://www.facebook.com/mymyrider.fr/


Ce texte provient du microsite de l’émission Filles de moto. Pour en savoir plus, revoir les épisodes ou profiter de contenu exclusif, visitez le site web de la série sur TV5-Unis.

Photos tirées de la page Facebook de la boutique moto Mymy Rider.

Balades en nature ou virées à moto? Les deux. L’enduro est une discipline qui fait de plus en plus d’adeptes. En 2018, la Fédération des motocyclistes de sentiers du Québec (FMSQ) comptait une augmentation de 33% de membres. Dans l’ouest, Girls with no limits permettent aux filles de s’initier avec des championnes.

Marie-Claude Boudreau est une junkie d’adrénaline. Elle a pratiquement tout essayé de l’escalade au bobsleigh. Originaire des Cantons-de-l’Est, elle s’est exilée à Whistler en Colombie-Britannique avec l’idée d’agrandir son terrain de jeu. « Toute jeune, je regardais des films et des revues de snowboard et je rêvais de pratiquer ce sport à Whistler. Je ne pensais qu’à ça! Une fois les études terminées, j’ai réalisé mon rêve, mais malheureusement, un accident lors d’une compétition a limité mes activités dans cette discipline. Mais chaque histoire a son côté positif. Ça m’a permis de m’ouvrir à d’autres sports!

Depuis six ans, elle consacre sa saison estivale au enduro, une discipline qui l’a complètement conquise. « L’enduro, c’est de la conduite en sentier où on se sert des éléments de la nature, tels que des roches et des branches d’arbres, pour se challenger. C’est une grosse shot d’adrénaline, mais c’est aussi très méditatif et relaxant. Une fois le moteur en marche, le sourire me fend jusqu’aux oreilles, ma concentration est au maximum et je ne pense plus à rien d’autre qu’aux obstacles devant moi. J’aime la vitesse et pratiquer des manœuvres pour m’améliorer. Il n’y a jamais un moment banal à moto! J’aime la compétition aussi, c’est l’occasion de donner mon maximum. L’enduro est à la fois un défi physique et mental. »

Désireuse de partager sa passion, Marie-Claude a créé Girls with No Limits dans l’espoir de voir de plus en plus de femmes oser le milieu compétitif. « J’ai commencé à faire de l’enduro en 2013 avec des hommes. Je ne pensais pas à ce moment-là qu’il y avait beaucoup de femmes qui pratiquaient ce sport. Durant l’été 2016, j’ai commencé à faire de la course et j’ai rencontré plusieurs femmes. J’ai alors réalisé qu’il y en avait plus que je pensais. L’énergie des femmes est contagieuse. C’est à ce moment que j’ai décidé de partir un groupe sur Facebook pour organiser des rides entre filles. Dans le cadre de nos activités, nous donnons des ateliers de mécanique et nous organisons des événements et des journées de pratique technique. C’est la vente de marchandises et les levées de fonds qui nous permettent d’engager des instructeurs durant nos événements. Le groupe grandit peu à peu, et notre communauté de moto est plus active et énergique que jamais! »

Le club est ouvert autant aux curieuses qui désirent s’initier à la discipline qu’aux adeptes désirant s’améliorer et développer plus d’agilité dans des situations extrêmes. « Il y a plusieurs bénéfices à pratiquer l’enduro dans un environnement féminin. D’abord, quand un couple pratique un sport et que l’un des partenaires est plus débutant que l’autre, on est souvent témoin de chicanes ou de frustrations. Entre filles, on n’a pas le sentiment de décevoir notre partenaire et on a un sentiment plus grand d’indépendance. C’est plus facile de s’approprier la discipline. L’encouragement du groupe est motivant, et suivre les autres filles permet de repousser ses limites! »

Pour joindre ou suivre Girls with No Limits, visitez leur page Facebook.


Ce texte provient du microsite de l’émission Filles de moto. Pour en savoir plus, revoir les épisodes ou profiter de contenu exclusif, visitez le site web de la série sur TV5-Unis.

Photo by Egor Myznik on Unsplash.

Le plus grand relais à moto jamais réalisé arrive à nos portes. The Women Riders World Relay (WRWR) est un relais mondial destiné aux motocyclistes féminines. Fondée au Royaume-Uni par Hayley Bell, cette belle aventure a débuté en Écosse le 27 février dernier et se clôturera dans les Émirats arabes en 2020. Depuis, d’une frontière à l’autre, chaque groupe de femmes effectue une partie du trajet, le passage du relais se fait au moyen d’un bâton géolocalisable. La mobilisation est impressionnante : elle couvre près de 100 pays et implique plus 18 000 femmes.

Instagram @womenridersworldrelay

Quand Nathalie Lavigne a vu passer l’information sur le WRWR elle a tout de suite décidé d’embarquer dans le mouvement. «Depuis 25 ans, j’ai beaucoup voyagé en moto, j’ai fait de longues distances au pays comme à l’international. Et c’est justement l’aspect mondial du mouvement qui m’a tout de suite plu. Connecter avec des femmes de partout dans le monde, ça c’est du sisterhood !» Non seulement Nathalie s’est jointe au groupe, mais elle a décidé d’y participer activement à titre bénévole. Aujourd’hui, elle organise la portion québécoise du rallye aux côtés de ses deux acolytes, Cathy Ratté à la logistique et la recherche de partenariat et Raphaëlle Lemelin à la planification de l’itinéraire.

Rencontre avec Nathalie Lavigne

Ce mouvement mondial lance un message fort d’unité, d’entraide et de fraternité. Et de courage aussi, il ne faut pas l’oublier, car la condition des femmes n’est malheureusement pas égale dans tous les pays visités. La fondatrice espère aussi que cette mobilisation enverra un message clair à l’industrie : « les femmes motocyclistes sont présentes partout dans le monde, bonifiez votre offre ! » Bien souvent les femmes doivent se vêtir dans le rayon pour homme ou se contenter d’un manteau rose fuchsia. Effectivement, il est grand temps que les manufacturiers se réveillent.

Le lancement canadien se fera le 14 septembre chez Trev Deelay Motorcyles à Vancouver. Le bâton arrivera au Québec par l’Ontario le 22 septembre. Après un bon souper avec leurs homologues ontariennes, une trentaine de Québécoises partiront le lendemain en direction d’Edmundston au Nouveau-Brunswick.

«Soyons téméraires. Soyons courageuses. Soyons inspirantes. Soyons vraies. Soyons solidaires.»

Joignez-vous à cette formidable aventure.

 

[alert type=white ]Ripple Relay
Vous ne pouvez pas participer au mois de septembre ? Consolez-vous les organisatrices ont prévus le coup. Un trajet nommé Ripple Relay est présentement en cours depuis le début du mois de juillet. Se déroulant sur plusieurs fins de semaine,  les femmes se relaieront un jeton sur plusieurs itinéraires Gatineau–St-Mathias, St-Mathias–Lévis, Lévis–La Pocatière, La Pocatière–Rimouski et Rimouski–Campbellton. [/alert]

 

Pour plus d’informations :
www.facebook.com/pg/WRWR2019/events/  | womenridersworldrelay.com/?lang=fr | www.instagram.com/womenridersworldrelay/

Il faut le dire d’emblée, Oneland est plus connu pour ses portraits ou ses récits de voyage que pour ses essais routiers. C’est pourquoi on a été un peu surpris quand Husqvarna Canada nous a proposé deux billets en direction du Portugal pour aller essayer la Svartpilen 701. Mais vous savez, tester une nouvelle moto dans un pays qui fait rêver… disons qu’on n’a pas trop posé de questions et qu’on s’est empressés de dire oui avec plein de points d’exclamation.

Attachez votre casque avec de la broche !

C’est à Lisbonne, au restaurant de l’hôtel Fontecruz, après la conférence de presse, que Charles-Édouard et moi rencontrons Costa Mouzouris. Journaliste moto d’expérience, ancien coureur de piste, le Montréalais n’est pas à son premier lancement ni à son premier essai routier. Il n’est pas aussi impressionné que nous par l’hôtel, avenue Liberdade, ou par le logo Husqvarna imprimé sur la pâte d’amande qui trône sur notre dessert à la fin du repas. J’ai 1000 questions à lui poser sur le déroulement. «Demain, tu vas rouler avec des professionnels. Ça va aller vite. Ils vont zigzaguer entre les voitures. Ça se peut aussi qu’il y ait des manoeuvres que tu considères hasardeuses. Dans tous les cas, respecte ta limite.» Je note.

Trop chill pour les pros

Jeudi matin, 8h00. On est tous rassemblés dans le lobby de l’hôtel. On est divisés en trois groupes. Je tâte le pouls des gens présents. Il y a Wes Reyneke journaliste pour Bike Exif qui, à l’instar de Costa, collectionne les lancements de moto à l’international comme d’autres collectionnent les sous-verres. Il y a William Perretti, 22 ans, deux ans de Supermoto, puis cinq ans de moto sur les routes corses (lire un habitué de la vitesse et des routes qui tournent à l’infini). Graham Jarvis, pilote d’Enduro Extrême et membre du Factory Team Rider d’Husqvarna. Il a remporté quatre fois le Scottish Six Days Trial, neuf fois fois le Scott Trial, cinq fois le British trials Champion pour ne nommer que ceux-là. Bref, cet homme sait manier la machine avec autant de précision que Lucky Luke manie le pistolet. Et bien sûr, mon coéquipier Charles-Édouard.

William Perretti en action!

Notre groupe décolle vers 9h00. On sort rapidement du centre-ville pour emprunter l’autoroute. Et braaaaaaaaaap, ça décolle! La petite Svartpilen 701 en a dans le ventre. L’odomètre monte. À 135 km/h, j’abdique, je ne veux pas suivre le groupe au-delà de ça même si j’ai l’impression que la moto tient aussi bien la route qu’une moto de course. Charles-Édouard, pour sa part, abandonne à 150. Le groupe se divise en trois. Les pilotes en avant, celui qui ferme le convoi et moi derrière et Charles-Édouard perdu quelque part entre les deux. C’est ainsi qu’après seulement 15 minutes de ride on se perd. Oneland est définitivement plus en mode touriste qu’en mode racing.

Décidément fiable

Svartpilen en français signifie flèche noire. Ce qui lui va très bien. Dans ce peloton, je ne suis peut-être pas l’archer le plus expérimenté, mais ça ne gêne en rien mon appréciation de la ride. Sur les routes sinueuses du Portugal, j’apprécie la largeur du guidon qui m’offre une excellente stabilité, l’antipatinage qui me sauve dans une courbe rocailleuse en tête d’épingle et les freins ABS appliqués d’urgence derrière un camion cube après une courbe à l’aveugle. En ville, c’est la douceur du levier d’embrayage et la hauteur de la Svartpilen qui me séduit. Ni trop basse ni trop haute, un must pour les arrêts fréquents. Dans cette grande joute du chat et de la souris, je n’ai pas le réflexe d’essayer le Easy Shift qui permet de changer les vitesses sans appuyer sur le levier d’embrayage. Et à vrai dire, je n’ai pas encore vraiment compris l’utilité de cette fonction.

Un modèle résolument moderne

En fin de journée, on retourne en ville dans le quartier LX Factory. Cette ancienne fabrique de tissus a été réaménagée en un petit village où on y trouve en autres, restaurants et bar branchés, boutiques de créateurs, centre de coworking pour start-up… un mélange écclectique et soigné entre le passé et le présent. Un peu comme la Svartpilen, à son tour un amalgame futuriste, qui conjugue l’époque de la moto flat-track et des lignes scandinaves épurées. Pas de chrome, que du noir et de belles lignes droites. Less is more disent les adeptes du design minimaliste.

Là-bas, on prend des photos avec nos montures en se la jouant un brin. Charles-Édouard se donne particulièrement et sort de son shooting photo avec la mention «Pussy Magnet» attribuée par le photographe. Une appréciation non négligeable de la part de Sebas Romero, photographe de mode barcelonais qu’Huqsvarna a fait voyager spécialement pour l’occasion. Dans cet environnement créatif et industriel, la Svartpilen se marie au décor. Je crois, effectivement, qu’elle saura plaire à l’explorateur urbain qui aime se faufiler en ville, au célibataire qui ne veut pas s’encombrer d’un où d’une backseat (ça se fait, mais je donne pas cher du confort), aux femmes raffinées ou à une clientèle jeune et avant-gardiste qui cherche à la fois l’efficacité et l’originalité.

Boucler la boucle et recommencer

Comme à un fil d’arrivée, c’est avec soulagement et une fierté certaine qu’on gagne notre hôtel. Le soir, entre deux bouchées, de retour dans le quartier LX Factory, Costa me précise que la plupart des essais routiers en Europe ressemblent à celui-là. «J’espère que ça ne t’a pas trop intimidé et que tu vas accepter les prochaines invitations, me dit-il.» Avec grand plaisir !… et une légère pointe d’appréhension. Paulo Coelho disait : «Il n’y a qu’une seule chose qui rend un rêve impossible à réaliser : la peur de l’échec.» Et ce n’est certainement pas demain que je vais laisser la peur me guider.

La Svartpilen 701 est disponible au Québec à partir de 13 399$.

Svartpilen 701 2019 – Fiche technique (selon le constructeur)

Type de moteur : Monocylindre, 4 temps
Cylindrée : 692,7 cc
Alésage/course : 105 mm / 80 mm
Démarreur/batterie : Démarreur électrique / 12 V 8,6 Ah
Boîte de vitesses : 6 rapports
Alimentation : Injection électronique Keihin, corps de papillon de 50 mm
Réduction finale : 16:40
Refroidissement : Liquide
Embrayage : Embrayage anti-dribble APTC à commande hydraulique
Cadre : Cadre à treillis tubulaire en acier au chrome-molybdène
Faux cadre : Aluminium
Suspension avant : Fourche inversée WP 43 mm
Suspension arrière : Monoamortisseur WP avec tringlerieFreins avant/arrière : Frein à disque 320 / 240 mm
Pneus avant/arrière : Pirelli MT60RS, 110/80R18; 160/60R17
Angle de chasse : 25°
Déport du t de fourche : 28 mm
Empattement : 1 436 ± 15 mm / 56,5 po ± 0,6 po
Garde au sol : 164 mm / 6,5 poÀHauteur de selle : 835 mm / 32,9 po
Capacité réservoir : 12,0 l / 3,2 gal
Poids sans carburant : 158,5 kg / 349,4 lb

 

Le Roll the Bones est un grand rassemblement où se côtoie une vingtaine d’artistes en art visuel, une douzaine de marchands et plus d’une trentaine de builders moto. Bien qu’on trouve un équilibre hommes-femmes parmi les artistes et marchands, sans grande surprise, la dernière catégorie est représentée presque uniquement par des hommes, à une exception près, Catherine Dufour. Cette femme de 30 ans, originaire de Sherrington, vient nous présenter sa toute première construction une Harley-Davidson Ironhead 1985.

«Je suis passionnée par les voitures automobiles depuis mon très jeune âge, nous dit d’emblée Catherine. L’attrait du moteur et de la mécanique coule dans mes veines depuis longtemps.» Depuis 2008, la diplômée en mécanique automobile a bossé dans presque tous les secteurs du domaine : du service aux pièces, de la mécanique à l’esthétique. Aujourd’hui, elle travaille comme spécialiste du pneu chez Point S Pneux – Poupart à St-Rémi en Montérégie. Catherine a toujours aimé être une peu différente des autres. Elle, qui est plutôt de nature introvertie, avait envie de se démarquer par un défi dans lequel elle pourrait aussi parfaire ses connaissances. Elle cherchait un projet qui la définissait bien et qui lui donnerait un peu d’adrénaline. «D’une certaine façon, quand tu modifies une moto, c’est comme un tattoo. Tu veux que ça te colle à la peau et que ça te représente bien.» Et c’est une Harley-Davidson Ironhead 1985 qu’elle a décidé de transformer en chopper des années 60-70.

«J’aime absolument TOUT de ces années-là! C’est l’époque du film culte Easy Rider sorti en 1969, qui a fait l’introduction des choppers des années 70. C’est la décennie de la liberté et des revendications. Il y avait du nouveau partout ! Dans l’automobile, la musique, la mode…»

C’est avec son conjoint Pierre-Olivier Perras qu’elle a entrepris la reconstruction de la moto qui s’est échelonnée sur plusieurs mois. N’est-il pas difficile de travailler avec son amoureux sur un projet de longue haleine ? « Malgré les difficultés et les dépenses additionnelles, le travail commun s’est très bien déroulé.» C’est grâce à ce projet conjoint, durant lequel elle a bénéficié de l’expérience de son partenaire, qu’elle a appris à faire certaines réparations elle-même et acquis de nouvelles connaissances. «Mais on a aussi eu l’aide de plusieurs intervenants pour mener à terme le projet, me rappelle Catherine: comme CMR Custom Motorcycle à Montréal pour la remise à neuf du moteur, Peinture TSA à Saint-Bernard-de-Lacolle pour la paint job et Luc Jean à St-Jean-sur-Richelieu pour le rembourrage et le revêtement en cuir du King & Queen Seat.» Ce qui lui a donné du fil à retordre, c’est plutôt l’usinage et la modification de certaines pièces et surtout de trouver les pièces usagées adéquates pour préserver le côté vintage de la moto.

« Il faut faire beaucoup de recherches et de démarches pour réussir à trouver les perles rares et les bons deals. Quand on construit un projet comme celui-là on ne doit pas calculer la dépense, car seul le résultat final est important.»

Le 25 mai prochain, Catherine sera la première femme à exposer lors de  l’événement Roll the bones. «C’est une opportunité incroyable que d’être invitée auprès de man builders de renommée. Je suis fébrile d’y assister. J’espère que ça inspirera plus de femmes à le faire.» Quand je lui demande pourquoi, selon elle, les femmes sont plus frileuses à prendre les outils, Catherine me répond qu’il y a pourtant beaucoup de femmes qui font des métiers dits non conventionnels et que c’est, selon elle, un domaine en croissance bien qu’il subsiste encore des préjugés. «Il est important que les femmes se fassent confiance et persévèrent.»Sous ses airs timides, Catherine cache une femme forte, fonceuse et résolument hors-norme. On espère que sa participation à la soirée Harley Montréal Underground avec Doomsday Machine en février et celle au Roll the Bones ne sont que le début d’une longue aventure, car un peu comme son époque de prédilection, Catherine amène un vent de fraîcheur sur une industrie encore à prédominance masculine.

www.rollthebones.ca | Facebook : /rollthebonesmtl | Instagram : @rollthebonesmtl

Dessinateur, artiste, ex-membre de Radio Radio, artisan du cuir, builder moto, ça bouille, ça réfléchit, ça questionne et ça crée à 100 mille à l’heure dans la tête de Timothée Richard. L’homme derrière Mad Squirrel Leather Co. est aussi déjanté que ces produits sont beaux et bien conçus.

C’est en flânant sur le Web au début de l’année dernière que je suis tombée sur le Nutsak, un sac de cuir spécialement conçu pour les sissy bar. Une découverte qui a bien humblement changé ma façon de voyager. Rien n’a été laissé au hasard lors de la conception de ce sac-là. Timo fait de la moto et ça paraît. J’ai passé l’été à voyager d’Est en Ouest du pays avec mon grand sac tubulaire. J’ai roulé à la pluie, je l’ai trainé en camping, il passé des nuits dans le gazon ou dans le sable, je l’ai shippé en avion et je l’ai même trainé en sac à dos. Résultat? Il vieillit aussi bien que Harrison Ford: il accumule les rides, mais ne perd pas un poil de perfection.

Durable et résistant à la chaleur ou à l’abrasion, le cuir est un matériau naturel noble que l’on peut travailler en toute simplicité. Alors à l’arrivée du Temps des fêtes, osez le cuir avec quelques nouveautés Mad Squirrel à glisser sous le sapin.


Le Nutsak™

C’est LE produit vedette de Mad Squirrel Leather Co.. Le sac de sissybar imperméable avec fond en cuir et option de couvert cargo est aussi convertible pour les motos sans sissy bar. Longueur 32 pouces (déroulé) Largeur 11,5 pouces.

Le Bar Bag

C’est le sac parfait pour les trajets plus courts ou pour ajouter plus d’espace à votre Nutsak™. Comme son grand frère, il est lui aussi imperméable.

Le Fuel Sling

Au guidon d’un Sportster? Rien de pire que de craindre la panne d’essence. Avec le Fuel Sling de Mad Squirrel, c’est la petite goutte de gaz qui permettra de se rendre à la prochaine station. Disponible en simple ou double.

 

Gogo Strap

Aussi utile et versatile qu’un élastique ou une bobébine, la Gogo Strap se porte partout et sur n’importe quoi et sert à attacher n’importe quoi, n’importe où.

Boutique en ligne : madsquirrelleather.com
Facebook : MadSquirrel Company  | Instagram : madsquirrelcompany


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