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Cet été, Micaela Wallace et Asleigh Kaliszuk traverseront le Canada de la côte Ouest aux Maritimes à la rencontre de femmes comme elles: des passionnées de moto. Sur la route, elles les rencontreront pour dresser un portrait authentique de cette scène en pleine effervescence. Depuis qu’elles ont lancé leur projet Women of Moto le 9 mai dernier, l’agenda se remplit rapidement, les invitations se multiplient: on veut les voir présentes aux événements moto organisés partout au pays. Il y a de fortes chances que nous les croisions sur les route cet été, mais d’ici là, on jase avec elles de ce projet unique qu’est Women of Moto. [English version]Poster_web

Parlez-moi de votre projet?
Ashleigh et Micaela : Notre projet vise l’émancipation des femmes. Encore aujourd’hui les femmes sont confrontées aux stéréotypes sexistes. Women of Moto va à la rencontre des motocyclistes canadiennes et veut démontrer comment les motardes brisent ces stéréotypes et sortent des normes établies.
Qu’est-ce qui vous a motivé à entreprendre une telle aventure?
Ashleigh : Nous nous sommes inspirées de nos propres expériences. J’ai travaillé pendant plus de 7 ans dans la construction industrielle qui est évidemment un secteur dominé par les hommes. J’ai tout entendu! De «Retourne aux fourneau!» au harcèlement sexuel complet. C’est dégoûtant que les hommes s’autorisent à traiter une femme comme ça sous prétexte qu’elle est en minorité sur le chantier. J’ai finalement quitté le monde de la construction et un an et demi plus tard, j’ai lancé Women of Moto.
Micaela : Même son de cloche de mon côté! Je travaille à la gestion du développement des affaires dans le secteur de l’ingénierie. Un secteur aussi fortement dominé par les hommes. J’ai dû me battre très fort pour que les «Good Old Boys» me prennent au sérieux. J’ai dû apprendre à me défendre face aux stéréotypes du genre, ce qui m’a motivé à lancer Women of Moto avec Ashleigh.
Qui est l’équipe derrière Women of Moto?
Ashleigh et Micaela : Nous nous sommes rencontrés à travers un groupe de femmes motards. Nous nous sommes entendues tout de suite! Nous savions que nous étions un mélange parfait pour entreprendre un projet dans la communauté moto; Ashleigh par son talent en photo et Micalela par son expertise en développement des affaires. Après quelques difficultés personnelles, nous nous sommes enfin réunis et Women of Moto est né. Nous avons passé l’hiver à rédiger un plan d’affaires, travailler sur la marque et contacter les commanditaires pour obtenir de l’aide. Et on y est enfin!
Plusieurs événements sont prévus un peu partout au Canada, pouvez-vous nous donner plus de détails?
Des femmes de partout au Canada nous ont contactées depuis notre lancement le 9 mai et nous travaillons présentement avec elles pour organiser des meets ou des rides dans certaines villes au cours de notre tournée. Nous allons annoncer les détails dès que possible!
Les 9 et 11 juin aura lieu le premier rassemblement féminin au Québec, Mamzelle Ride & Ramble, est-ce que vous serez présentes?
Ça semble super et c’est certainement un événement qui nous intéresse. Nous jetterons un oeil à l’agenda, merci pour le cue!
Les événements féminins sont très populaires en ce moment. Pourquoi pensez-vous?
Ashleigh : Nous adorons cela! Je suis allée à Babes Ride Out l’année dernière et c’était une expérience incroyable. Je pense que ces événements sont populaires parce qu’ils constituent un lieu unique pour que des femmes qui partagent la même philosophie de vie se rencontrent, s’appuient mutuellement et tissent des liens. C’est tout cet amour! Cette année, nous prévoyons assister à The Back Road Ball, The Dreamroll et Babes Ride Out. Nous aimons les événements où les femmes soutiennent d’autres femmes dans un environnement optimiste et positif.
De plus en plus de femmes enfourchent un deux roues. Qu’est-ce qui motive une femme à conduire une moto?
Ashleigh : Je pense qu’un aspect majeur de l’engouement est la forte présence de femmes motocyclistes sur les réseaux sociaux. Il y a tellement de femmes inspirantes de tous les âges avec des motos!
Micaela : J’ai également remarqué que plusieurs femmes qui roulent (nous inclus) le font suite à une épreuve difficile dans leurs vies.  Et quand elles se reconstruisent et se redéfinissent, elles trouvent l’amour de soi et la liberté qu’elles célèbrent en s’accordant enfin l’accès au rêve d’obtenir une moto.
Nommez-moi deux femmes de la scène de moto qui vous inspirent actuellement.
Ashleigh : C’est difficile! Il y a tant de femmes étonnantes dans la communauté que je ne pourrais pas en nommer que deux! C’est toute la communauté de bikeuses qui m’inspire!
Micaela : Pour moi, il y a deux femmes de la communauté moto canadienne qui se distinguent vraiment; Karen Mayberry de Harley Davidson Canada, et Becky Goebel de Them Road Apples, The Dream Roll, Loserpalooza. Ces deux femmes sont des inspirations parce qu’elles sont des femmes fortes qui ont trouvé un moyen d’intégrer leur passion pour les motos à leur carrière. Badass, non?

Pour suivre le périple des filles :

www.womenofmoto.com
IG – @womenofmoto #womenofmoto #whyiride #womenwhoride
FB – https://www.facebook.com/womenofmoto/

 
This summer Micaela Wallace and Asleigh Kaliszuk will travel across Canada and meet women riders from the West Coast to the Maritimes. While on the road, their journey will showcase an honest demographic of what our nation has to offer. It’s going to be quite an exciting adventure. Since the launch of their project Women of Moto on May 9th, they have been getting invites to go to meet-ups and events all over the country. Chances are we will meet them on the road, but until then, lets talk about Women of Moto. [Version française]
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What is your project exactly?
Our project is about women empowerment.  We want to show how even in current day we as women are still facing obstacles with gender stereotyping.  Women of Moto is here to show how women who ride motorcycles are breaking those stereotypes and stepping outside of what is still considered a societal norm by more of the population than some would like to admit.
What are your inspirations for the project?

Ashleigh : Our inspiration for the project is our own experiences with gender stereotypes.  I worked for over 7 years in industrial construction which is obviously a male dominated sector.  I’ve heard it all from « you belong in the kitchen » to full blown sexual harassment.  It’s disgusting that people think they can treat others like that simply because they’re the only woman on site.  I eventually left construction; and a year and a half later launched Women of Moto.

Micaela: I work in business development management in the engineering sector, which is heavily male dominated.  I have had to fight very hard for the « good old boys » to take me seriously.  This has helped me learn to push through gender stereotypes and ultimately inspired me to launch Women of Moto with Ashleigh.
Tell me about the team behind Women of Moto.
We met through a group of women who ride locally and we got along right away!  We often hung out, talked about potential future plans but nothing really transpired at that point.  We knew right away that we were the perfect mix to do something in the moto community; Ashleigh with her photography and Micaela with her business development background.  After some personal hardships, we got together knowing we wanted to do something, and Women of Moto was born.  We spent the winter writing a project plan, working on branding and reaching out to sponsors for support – and here we are!
Several events are planned across Canada, can you give us more details?
Women who ride from across Canada have reached out to us since we launched on May 9th and we are working with them to initiate meet-ups and/or rides along our tour.  We will announce details as they become available.
June 9 and 11 will be held the first women’s gathering in Quebec, Mamzelle Ride & Ramble, will you be present?
That sounds amazing and is certainly something we would be interested in.  We will confirm dates on our tour shortly and appreciate the invite!  We are really feeling the love and are so grateful for that!!
Female events are very popular right now. Why do you think?
Ashleigh : We love this!  I went to Babes Ride Out last year and it was an amazing experience.
We think these events are so popular because they provide a common ground for like-minded women to meet each other, support each other, bond, and make lifelong connections, all while riding motorcycles.  It’s all about that love!
This year we plan on attending The Back Road Ball, The Dreamroll and Babes Ride Out.  We love events where it’s women supporting women in an upbeat, positive environment.
More and more women are riding. What motivates a woman to ride a motorcycle?
I think a major aspect of the growing numbers is the normality of seeing women riders on social media.  There are so many relatable women from all age groups and demographics with motorcycles.
One common thread I have also noticed about women who ride is that many of us (us included) go through something negative in our lives and when we build ourselves up again and find self love and freedom we celebrate by finally going after our dreams of getting a bike.
Name two women from the motorcycle scene that inspires you currently.

Ashleigh : That’s a tough one!  There are so many amazing women out there I honestly couldn’t reduce it to just two!  This entire community of women riders are what inspire me!

Micaela : For me personally, there are two women from the moto community that really stand out; Karen Mayberry from Harley Davidson Canada, and Becky Goebel from Them Road Apples, The Dream Roll, Loserpalooza.  Both of these women are inspirations because they are girl boss’ who have found a way to incorporate their passion for motorcycles in to their careers. Badass, right?


 

www.womenofmoto.com
IG – @womenofmoto #womenofmoto #whyiride #womenwhoride
FB – https://www.facebook.com/womenofmoto/

Le Babes Ride Out, le BackRoad Ball, le Dream Roll… Les week-ends motos exclusivement féminins ont la cote ces dernières années. Cet été, le Québec emboîte le pas avec le tout premier événement moto camping du genre : le Mamzelle Ride and Ramble. Isabel Forget, nous parle de cet événement festif qui aura lieu en Beauce du 9 au 11 juin prochain.

Les événements féminins sont nombreux : Nouveau-Brunswick, Ontario, États-Unis. Pourquoi avoir décidé d’en créer un au Québec?
L’idée a été lancée par deux des filles durant un 5 à 7. Un peu éméchées, elles se sont tout simplement dit que ce serait vraiment cool d’avoir un événement féminin au Québec.  

Quelle est votre vision du projet ?
Notre vision de départ est super simple ! On voulait juste regrouper une soixantaine de femmes qui trippent moto et leur donner l’occasion de se rencontrer et d’échanger. Le format d’un week-end avec l’option camping donne aux filles le temps de rouler ensemble, de jaser, de vivre quelques aventures et de créer de beaux souvenirs qu’elles emporteront avec elles pour le reste de la saison !

Qu’est-ce qui différencie le Mamzelle Ride and Ramble des autres week-ends moto girls only?
C’est une excellente question ! Je ne crois pas qu’on essaie de réinventer le genre ou de créer quelque chose qui n’existe pas. Ce qui différencie peut-être la Mamzelle Ride and Ramble, c’est son accessibilité. Pas besoin de prendre plusieurs jours de congé, pas besoin de parler anglais non plus. Et, avec l’option dortoir, pas besoin d’équipement de camping ou presque. 

L’événement aura lieu à Saint-Odilon-de-Cranbourne en Beauce, pourquoi avoir choisi ce coin du Québec?
Le choix a été fait par l’une des filles qui connaissait le spot. C’est grand, c’est vert, y’a des arbres en masse et y’a même un plan d’eau où on peut se baigner… tout ce que ça prend pour faire lever un party inoubliable, quoi !

Mamzelle Ride & Ramble | Crédit photo : Autumn Mott | Oneland

Est-ce que l’événement est ouvert à tout le monde? Faut-il obligatoirement y venir en moto ?L’événement est ouvert à toutes les femmes qui sont passionnées par la culture de la moto qu’elles soient motocyclistes ou non. On ne veut pas empêcher une femme qui n’a pas encore son permis de venir. Ni les filles qui trippent moto sans en avoir une ou encore celles qui roulent backseat. On veut que toutes les femmes se sentent les bienvenues.

Les femmes sont de plus en plus nombreuses à enfourcher un deux roues. Pourquoi selon toi ?Chacune a ses raisons, mais en même temps, je pense que c’est juste l’ordre naturel des choses. Les femmes d’aujourd’hui prennent leur place dans la société. Elles sont plus indépendantes et ont le goût d’être aux commandes. Elles veulent avoir du fun et se sentir libre de faire ce qui leur plait quand ça leur plait.

Parle-moi un peu de l’équipe derrière l’événement.
On est une bande de 5 filles complètement différentes : Marie-Anne Constantineau, Edith Lafontaine, Nathalie Leclerc, Vénus St-Onge et moi-même. On est toutes passionnées de moto ! La dynamique est vraiment trippante !

Est-ce que The Litas est associé à l’événement ?
Pas directement. Oui, les filles font toutes partie du réseau The Litas, mais c’est une initiative indépendante. La Mamzelle Ride and Ramble n’est pas organisée par The Litas, mais l’événement est soutenu par sa communauté.

Comment va la communauté moto selon toi ?
La communauté moto est en pleine épanouissement ! Elle est magnifique, que dire de plus ? Elle est superbe à voir aller. J’crois qu’elle n’a jamais été autant en forme !

Mamzelle Ride & Ramble | Crédit photo : Courtoisie | Oneland

Il y aura-t-il des exposants ?
On sait qu’on aimerait bien avoir une tattoueuse ou encore une fille qui donne un cours de yoga le samedi ou le dimanche matin par exemple, mais pour ce qui est d’exposants avec des kiosques ou des trucs à vendre… On a eu quelques demandes et on y réfléchit présentement.

Qui sont vos commanditaires ?
On est en pleine recherche de commanditaires présentement. On est vraiment contente d’avoir des commanditaires locaux comme le Salon de la moto, les Loups, la boutique Le 63, le Café Jeanne d’Arc, l’Agence Royal (Stance et RVCA), l’artiste Martin Cloutier, la boutique À toutes vitesse, Oneland et quelques autres qui devraient se confirmer sous peu. On a aussi de belles commandites à l’international qu’on va annoncer sur les réseaux sociaux au courant des prochaines semaines.

Nous comptons également sur la communauté moto du Québec. Certains nous ont aidé à différents niveaux, c’est entre autre le cas des gars de La Run et de certaines filles de la communauté The Litas.

Il y a-t-il des départs « officiels » de prévus dans les villes du Québec ?
Il y a quelques départs qui s’organisent présentement, sans être des départs officiels. Nous allons suggérer quelques points de rencontre aux filles et peut-être quelques routes, mais les participantes seront libres de s’organiser entre elles.

Quel est le plan de match du week-end ?
Avoir du fun ! Il va y’a voir des rides de proposées aux filles ainsi que quelques activités sur place, mais également à proximité. Le but c’est de s’amuser, de rencontrer d’autres filles passionnées, de découvrir de belles routes et d’échanger.  

Combien ça coûte? Doit-on réserver notre place ?
Il n’y a pas de frais d’entrée à proprement parler. Les filles paient pour le camping, l’hébergement, leur t-shirt et compagnie. Elles ont le choix entre deux options: la formule dortoir à 65 $ pour le week-end et l’option camping pour 40 $. Les places sont limitées et il est obligatoire de réserver sa place à l’avance. Il n’y aura pas d’inscription la journée de l’événement.

Que faut-il prévoir ?
Ça dépend beaucoup de l’hébergement choisi. L’événement aura lieu beau temps mauvais temps. Dans les prochains jours, nous publierons une foire aux questions ainsi qu’une liste du style Quoi apporter ?  afin de guider un peu les filles.

En terminant, qu’est-ce qui ferait de la toute première édition une réussite selon vous?
Si les filles repartent fatiguées, la tête remplie de souvenirs, on aura réussi !

 


Pour plus de détails 

Distances approximatives (via les autoroutes)

  • Gatineau → Saint-Odilon-de-Cranbourne : 505 km
  • Saint-Sauveur → Saint-Odilon-de-Cranbourne : 378km
  • Rimouski → Saint-Odilon-de-Cranbourne : 340km
  • Montréal → Saint-Odilon-de-Cranbourne : 314 km
  • Québec → Saint-Odilon-de-Cranbourne : 93 km

 

«Ça y est, ma moto est Onelandisée et Jésuifiée». Max vient d’apposer un Jésus autocollant, déniché dans une shop de Las Terrenas, sur la Yamaha TW200 qu’on vient de ramasser chez Holidays Rental.  On est au kilomètre zéro d’un road trip de deux semaines autour de la République Dominicaine.

Chercher une destination à petit budget pour un road trip moto pendant les vacances de Noël, ça demande d’être créatif.  Mais quand Max lance l’idée de la République Dominicaine, j’allume. Le pays est magnifique, regorge de parcs nationaux, et le coût de la vie y est doux.

Les forums et les guides nous mettent en garde : le pays tient la palme du plus haut taux de mortalité sur la route au monde. L’alcool au volant, les nids-de-poule et les chiens la nuit sont à surveiller.  Comme on a connu des conditions similaires par le passé, on sait un peu dans quoi on s’embarque.  On écoute notre gut feeling et on décide de tenter le pari.

Le plan

On veut traverser le pays d’Est en Ouest. Une boucle de 1700 km d’une plage à l’autre, en passant par les montagnes au coeur de l’île.

Notre rêve: atteindre Bahia de Las Aguilas à l’extrémité Sud-Ouest, près de la frontière Haïtienne.  On ignore si les routes du centre du pays sont praticables et si on aura le temps nécessaire pour faire la boucle.  On se fixe des règles: on ne roule pas la nuit et on évite les autoroutes au profit des routes secondaires.

Apprivoiser la bête

Sur la route vers Las Galeras, on oublie tout ce qu’on sait sur le code de la route.  Les motos roulent à droite de la voie, les autos peuvent les doubler rapidement. Sur les chemins de terre, nos petites enduros aux énormes roues nous donnent l’impression d’avoir amélioré nos habiletés hors route d’un coup de baguette magique.  Nos montures apprivoisées, le moment est venu d’entamer la traversée vers l’ouest.  Le vrai voyage commence.

République Dominicaine, Véronique Barbe, Oneland

Vers le centre du pays

À l’entrée du Parc National de Los Haitises, on pose nos roues sur notre première autoroute. Comme on s’attendait au pire, on croit rêver: non seulement cette autoroute bordée de falaises est spectaculaire, mais le bitume est lisse!   

Plus loin, on bifurque sur une route secondaire et on se retrouve pratiquement seuls sur la chaussée. À 1200 mètres d’altitude (l’équivalent du Mont Washington), au peak d’une ascension de rêve, se dresse la ville de Constanza.  Courbe après courbe, les pins se mêlent progressivement aux palmiers, l’air frais nous éveille et l’odeur du gaz s’estompe.  Les virages s’enchaînent jusqu’au sommet et se perdent dans le brouillard.  

Au coucher du soleil, on trouve notre hôtel.  Fatigués mais heureux, on sent que notre plan est en voie de se réaliser.  Les rythmes merengue des bars s’entremêlent.  Le chaos sonore garde la ville éveillée toute la nuit.  À l’aube, silence total… on s’endort enfin.

L’épreuve des montagnes

Le soleil du matin plombe, mais ne réchauffe pas encore l’air frais des montagnes.  La carte indique une route vers Padre Las Casa.  C’est en fait un serpent de garnotte et de bouette qui commence par la traversée… d’un pont suspendu.  On observe les Dominicains emprunter la structure de bois à moto avant de les imiter.  Dans ma tête, ça spin.  Et si on se plante au milieu de nulle-part? Max propose qu’on explore la suite et qu’on évalue.  Fair enough.  

Deux heures plus tard, après avoir traversé une dizaine de ruisseaux, croisé des essaims de monarques et évité une tarentule, je couche ma moto après un dérapage dans une pente abrupte et je me brûle sur le moteur de mon bolide.  «C’est encore loin Padre Las Casas?».  «Encore le double!». Je fige. Un autre quatre heures de hors route à faire!

Devant moi, Max apparaît et disparaît derrière chaque bute qu’on chevauche, comblé par ce dirt track inespéré au coeur des montagnes, pendant que je surmonte ma peur de prendre une autre débarque.  On croise des paysans chaque vingt minutes sur leurs vieilles motos, bottes de pluie aux pieds. Leur agilité m’impressionne.  L’un d’eux, en me voyant hésiter devant une descente abrupte, me lance d’un ton rassurant: «Suave, suave».  Doucement, oui.  Quand je vois enfin la première route pavée de la journée au bas de la montagne, mon coeur fait un bond et mes muscles se détendent.   

Vers l’Ouest

À Barahona, c’est le début de la spectaculaire route #44 qui mène à l’Ouest. Elle est considérée comme l’une des plus belles routes côtières des Amériques, et on est drette dessus au soleil couchant. Elle longe une mer bordée de montagnes, ponctuée de jolis villages qui sentent le barbecue et le feu de camp.   

République Dominicaine, Véronique Barbe, Oneland

Cette route est aussi ponctuée de barrages policiers, mitraillettes en mains.  Max est invité à s’arrêter sur l’accotement par une policière à l’uniforme camouflage.  Je reste sur mes gardes.  J’ai lu sur les cas de fausses polices qui demandent des sommes d’argent au moyen de contraventions bidons.  Puis, remords.  La policière demande gentiment à Max de porter son casque, comme c’est la loi au pays.  Pas d’amende.  On file vers l’Ouest.  

Le paysage devient plus aride, et une végétation de cactus prend le dessus.  Bahia de Las Aguilas, notre destination rêvée, approche.

Magie

On y est: Bahia de Las Aguilas nous brûle les rétines de bleu et d’orange fluo avec ses 10 kilomètres de sable blanc et de mer turquoise au coeur du parc national de Jaragua.  On explore ses routes de cailloux environnantes et on plonge en apnée dans ses eaux cristallines.  

Heureux d’avoir atteint la pointe ouest du pays, on repart victorieusement vers l’Est. Le plateau montagneux du centre de l’île réapparaît à l’horizon.  Le pavé laisse place à la terre battue et on entre dans le Parc National Villa Nuevo.  

À ce moment précis, on réalise que notre Eldorado n’est pas derrière nous, mais bien devant nos yeux.  À 1500 mètres d’altitude, on se retrouve devant des fermettes seules au monde sur des crêtes de montagne au milieu des nuages.  Le temps est suspendu.  Le silence est sacré.  On enfile nos manteaux, on traverse des forêts de pins enchevêtrés de mousse, on prend mille photos avec nos yeux.  

Retour

Déjà nostalgiques, on survole la côte nord du pays sur nos motos en silence. Chacun dans sa bulle, on partage le même paysage, les mêmes regards qui s’illuminent au passage, la même musique trop forte à l’entrée de chaque ville.   

De retour à Las Terrenas, je pose mes bottes d’armées couvertes de boue sur le comptoir du cordonnier.  Cigare au bec, il commence l’opération de nettoyage-cirage.   En apprenant d’où on revient, l’homme lève les sourcils. On échange sur le pays, le voyage.

Hors des zones touristiques, la moto a facilité les rencontres. Je pense à cette famille qui nous a spontanément invités à déjeuner sans rien demander en retour.  Je pense à la convivialité qui règne partout, jusque dans un garage de fortune où une chaîne cassée devient aussi l’occasion de rencontrer les amis du mécano.

Prendre le pari de s’ouvrir à l’inconnu, c’est accueillir l’imperfection d’un voyage sans promesses. C’est inviter l’essai-erreur. C’est s’intéresser, c’est accepter d’être vulnérable.  

En prenant ce pari, le pays nous l’a rendu au centuple. So, what’s next?

République Dominicaine, Véronique Barbe, Oneland

Alors qu’elle s’apprête à ouvrir les portes de son 4e Salon de la moto de Montréal, Bianca Kennedy, la directrice des Salons de la moto de Québec et Montréal, nous parle de sa passion pour les deux roues, passion qui a littéralement changé sa vie.

Comment en es-tu venue à la moto?

Au départ, c’est la moto qui est venue me chercher. J’ai passé 10 ans assise derrière mon mari, puis, en mars 2014, je me suis enfin inscrite aux cours. Ma motivation était d’abord d’ordre pratique – je pensais que je devais le faire pour le travail. Mais, après seulement 10 minutes, j’ai eu la piqure!

Aussi vite que ça?

En plein rush d’adrénaline et le sourire accroché au visage, j’ai appelé mon mari pendant la pause pour partager ce bonheur avec lui : j’étais au septième ciel! Quatre années sur la route plus tard, je fais partie des gens qui profitent de chaque journée ensoleillée, de chaque jour de congé et de toutes les occasions possibles pour rouler!

Tes motos et celles dont tu rêves?

Actuellement, je possède une Honda CB 350 1972, une Scrambler Ducati et une Yamaha TW200. L’an dernier, j’ai essayé un motocross pour la première fois. Cet été, j’aimerais aller sur une piste de circuit et, si j’aime ça, pourquoi ne pas ajouter une moto sportive à ma liste!

bianca kennedy salon moto oneland

Tes rides préférées et ton prochain voyage?

Jusqu’à présent, j’ai toujours roulé au Québec. Toutefois, mon rituel du dimanche matin le long du canal Lachine sur ma vieille CB 350 est vraiment génial. Tout le monde n’a pas la chance d’être proche du bord de l’eau pour s’évader en tout temps. C’est vraiment une balade au calme, surtout quand on considère que c’est dans une si grande ville. Cette année, j’ai mis sur ma liste la côte Est du Canada, incluant la Cabot Trail, en Nouvelle-Écosse.

En tant que directrice, tu aimes aussi l’adrénaline en dehors de la route!

Les mois et les semaines avant les salons sont remplis d’action, d’excitation, d’attente et de pression. Le sprint final jusqu’à la ligne d’arrivée est très intense, avec des journées de 12 heures, sept jours sur sept, pendant huit semaines! Mais, juste avant les salons, le calme et la confiance s’installent. C’est comme avant une ride. Je suis impatiente de partir, mais, dès que j’enfourche ma moto, je ressens un sentiment de paix et de maîtrise de moi.

Tu te sens comment, avant l’ouverture des salons de Québec et Montréal?

Avant l’ouverture, une fois que les grandes décisions ont été prises, je me concentre sur l’instant. Bien sûr, il y a toujours des détails de dernière minute, mais ma priorité est d’offrir les meilleurs salons possibles aux 250 exposants et aux 55 000 visiteurs, chiffres qui en font deux des plus grands événements au pays.

Quelles sont les grandes tendances?

Il y a beaucoup d’avancées technologiques en matière de sécurité, de maniabilité, de communication entre les motocyclistes qui rendent la moto encore plus accessible au public. On voit aussi arriver des motos plus légères et plus performantes. Parallèlement, les motos vintage attirent un grand nombre de passionnés, qui peuvent travailler sur ces mécaniques plus simples et abordables dans leur propre garage, et qui forment des communautés très soudées. On constate actuellement un vrai mélange d’une nouvelle école et d’une vieille école, mais tous partagent une passion commune!

Journée Motocross Xtown - Oneland

Comment vois-tu l’évolution de la moto au Québec?

La moto est de plus en plus populaire, notamment auprès des jeunes québécois qui, depuis une dizaine d’années, découvrent une nouvelle forme de liberté, d’indépendance, d’aventure et de communauté. Il suffit de voir tous les rassemblements et les goûts très marqués de cette nouvelle génération pour la personnalisation, comme le Hangar 17.

On voit beaucoup de femmes aussi…

La montée incroyable du nombre de femmes est en effet une autre tendance. Elles sont 30 % de plus depuis 2009 et, à mon avis, cela ne va pas s’arrêter! Les hommes ne sont pas en reste, notamment chez les retraités, avec un accroissement de 308 % des propriétaires de 65 à 74 ans en une décennie!

La moto est donc de plus en plus populaire?

Le Québec compte aujourd’hui plus 168 700 motocyclistes, en augmentation de 28 % en 10 ans. Une moto sur trois vendues au Canada est vendue au Québec. Cette communauté regroupe des personnes d’origines, d’âges et de conditions sociales très diversifiés. Tout le monde y est le bienvenu! Alors, oui, je peux dire que l’avenir de la moto est prometteur et dynamique!

 


Salon de la moto de Montréal du 24 au 26 février au Palais des congrès de Montréal
(1001, place Jean-Paul-Riopelle)

  • Vendredi, 24 février : de 12 h à 22 h
  • Samedi, 25 février : de 10 h à 21 h
  • Dimanche, 26 février : de 10 h à 17 h

Entrée (taxes incluses) :

  • Adultes (15 ans et plus) : 15,50 $
  • Aînés (65 ans et +) et étudiants (sur présentation d’une carte étudiant valide) : 12 $
  • Juniors (6-14 ans) : 11 $
  • Enfants (6 ans et -) : gratuit si accompagnés d’un adulte
  • Passe familiale (deux adultes et deux juniors) : 40 $

Renseignements: salonmotomontreal.ca

De plus en plus, les femmes plongent dans le monde moto sans aucun complexe. Certaines d’entre elles ont une image forte qui influence et inspire les autres. Voici un top 5  des femmes à découvrir dans le monde Instagram.

1. @fevvvvaa

Qui : Lankily McNaughton. Photographe, fondatrice de Womens Moto Exhibit et Dream Roll.
Où : Portland
Abonnés : 25k
instagram.com/fevvvvaa

2. @actuallyitsaxel

Qui : Becky Goebel. Cofondatrice du Dream Roll et fondatrice de Looserpalooza.
Où : Vancouver
Abonnés : 25k
instagram.com/actuallyitsaxel

3. @anyavioletuniverse

Qui : Anya Violet. Co-fondatrice de ATWYLD et du Babes Ride Out.
Où : Los Angeles
Abonnés : 7k
instagram.com/anyavioletuniverse

4. @jessicahaggett

Qui : Jessica Haggett. Fondatrice de The Litas.
Où : Salt Lake City
Abonnés : 52k
instagram.com/jessicahaggett

5. @virninja

Qui : Virginie Cagney. Photographe, manager de Babes Ride Out East Coast.
Où : New Jersey
Abonnés : 10k
instagram.com/virninja

+++ À découvrir : @younghearts_alex

Qui : Alex Lee. Photographe.
Où : Toronto
Abonnés : 1 500
instagram.com/younghearts_alex

Avant de le rencontrer, je n’étais encore jamais montée sur une moto. Pas parce que je n’avais pas d’intérêt, je ne connaissais rien là-dedans, seulement qu’il n’y avait personne dans mon entourage qui ridait. Ça ne faisait pas partie de ma vie. Jusqu’à ce que son chemin croise le mien il y a quelques années. Je me souviens que dès nos premières dates, il me parlait de toutes les motos qu’il avait eues, les modèles, les couleurs, je l’écoutais. Je trippais sur la passion avec laquelle il le faisait. Il me racontait sa traversée du Canada, ses autres projets de voyage, son envie de faire le tour du monde à moto. Pis je trouvais ça beau.

La première fois qu’il a voulu m’amener, j’ai eu un peu la chienne. En même temps, il était super rassurant. En fait, je ne suis pas certaine : est-ce que j’avais peur ou est-ce que j’étais intimidée? Un peu des deux, je pense. J’avais surtout peur de ne pas aimer ça. J’avais peur d’avoir peur.

T’sais, je ne voulais pas le décevoir. Il est venu me chercher au bureau. Sur le trottoir de la rue Laurier, il m’expliquait quoi faire, quoi ne pas faire. Je n’écoutais pas, j’étais trop énervée. Puis j’ai enfilé le manteau et le casque qu’il m’a prêté, et j’ai fini par embarquer (avec pas beaucoup de grâce, vous le devinerez). Et on est parti.

On a roulé jusqu’à Morin-Heights. Je ne l’oublierai jamais. Non seulement je n’ai aucunement ressenti la peur, mais j’ai compris toutes les raisons pour lesquelles les gens veulent rouler à deux roues. Je me souviens de la sensation de liberté, du frisson des premières courbes. C’est à partir de là que j’ai voulu faire partie de la ride.

On a roulé de plus en plus loin. Le plus souvent possible. On a fait quelques roadtrips, des voyages inoubliables. On a avalé des kilomètres ensemble, vu des paysages incroyables, fait des rencontres inoubliables. Quand je m’assois derrière lui sur la moto, je sais qu’on va être bien, que ça va être le fun. Même quand il pleut, même quand on gèle, même quand on roule sur l’autoroute pendant des heures et qu’on a mal au cul. Chaque fois que j’embarque à l’arrière sur la moto, je sais que j’ai juste à me laisser aller, me laisser bercer par le vent, collée sur mon homme.

Je ne sais pas si un jour, j’aurais envie de conduire ma propre moto. J’y pense des fois. Pour l’instant, je préfère me laisser porter, backseat. Est-ce que je suis partante pour un tour du monde côté passager? Absolument.

L’arrivée du réseau féminin The Litas à Montréal a changé considérablement le visage de la moto dans la métropole. Le réseau s’organise et plusieurs activités sont proposées par les membres chaque semaine. En juillet, quelques filles se sont rassemblées chez Xtown pour essayer le motocross sous l’oeil attentif de Charles-Étienne Pascal. Compte-rendu en photo d’une journée casse-gueule.

Crédits photo: Charles-Étienne Pascal.