9 filles de Montréal et 1 fille de Québec, avec 8 bikes et un Ford Bronco monté sur du 31 pouces. Elles n’ont pas eu peur de braver le manque d’expérience sur les longues distances, les intempéries et les pépins mécaniques pour participer à cette édition East Coast.
J’avais choisi l’île des Dieux pour surfer jusqu’à la nausée, ma première mission d’envergure de ce trip de 6 mois. Le monde est décevant en général, mais se lever dans la couleur du matin rend pieux, board sous le bras, une force de tronc d’arbre à l’âme.
Courbe après courbe, en montée, en descente, c’est de l’adrénaline pure. La route ne fait pas que tourner, elle se tortille. Tout ça en plein milieu du bois, à flanc de montagne. Même si on est deux sur la GS avec trois valises remplies, on tricote les 318 courbes comme des champions.
C’est l’avant-veille de la St-Jean. Les trois valises de la GS 1200 sont pleines à craquer. J’ai le strict minimum et je n’angoisse pas. On quitte Montréal en début pm, il fait beau. Je crie mon excitation dans le micro de mon casque… Mon chum regrette déjà d’avoir installé le…
La clé dans la porte, le sac déposé sur le sol, une grande respiration puis deux grandes questions : « Qu’est-ce que je mange? » et « Quand est-ce que je repars? ». Pour partir, il faut arriver. Faut fermer le livre avant d’en prendre un autre.
En voyage à moins de 60$ CA la nuit, dans le cœur d’une Amérique peu visitée, on n’a jamais croisé une seule femme de ménage, on a vidé nous-mêmes nous poubelles, on s’est essuyé avec la serviette mouillée d’un des gars ou pire encore, avec le tapis de bain, on a marché sur des miettes de chips qui n’étaient pas les nôtres.
Dans ce marathon sur la route, on n’a jamais hésité à s’arrêter, pour prendre conscience de notre environnement, reconnecter avec l’espace. Puis retourner à la route. Ça peut vouloir dire flatter des chevaux, regarder un coucher de soleil, grimper une montagne, photographier des vieux chars ou pisser dans le sens du vent entre un champs d’éoliennes et la rivière Columbia.
C’est comment la vie dans la van de 4 gars qui prennent la route pour traverser le continent? Si au début du voyage, on avait les yeux rivés sur le portable, le nez dans un magazine de moto ou absorbé en train de liker des photos sur Instagram, après cinq milles kilomètres, c’est autre chose. C’est tout un monde qui finit par se créer dans l’habitacle.